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Ibid., XXni

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marine en emploie aujourd'hui, je pourrais faire 2.400 vaisseaux de plus, de sorte que j'aurais de quoi construire '7.200 vaisseaux. Et enfin, si Ton voulait employer les bois, dont les Hollandais se servent dans les constructions, ayant moins de trois pieds de circonférence, j'en aurais une quantité infinie. »

Il y a là une sorte de vertige de l'imagination impériale qui, pour ainsi dire, n'admet pas de limite à sa puissance de réalisation.

Et l'Empereur continue en appliquant ses calculs aux diverses régions : « Les pays situés sur la Saône, sur le Doubs, sur le Rhône, sur le canal du Languedoc, sur l'Isère, les côtes delà Méditerranée, qui peuvent alimenter le port de Toulon, sont compris, dans le calcul que je viens d'établir, pour un tiers. Je pourrais donc avoir dans un an à Toulon assez de bois pour faire 2.000 vaisseaux. En retranchant de ces calculs ce que l'on voudra pour les forêts trop éloignées des rivières, et où l'on pourrait cependant marteler des courbes et quelques bois précieux, si l'on n'y prenait point des bois ordinaires, il résulte toujours qu'il y a en France' une immense quantité de bois, et qu'il doit en arriver à Toulon une quantité telle qu'on puisse y construire autant de vaisseaux qu'on peut le désirer. »

Des observations analogues suivent sur les forêts du Rhin et de la Moselle, à destination des chantiers d'Anvers, sur la forêt de Compiègne, sur celle de Fontainebleau.

En attendant la réalisation de ce dessein qui reçut dès ce moment une puissante impulsion, l'Empereur s'occupait aussi du personnel nécessaire. Malgré quelques économies, le budget de la marine pour 1810 demeura fixé à un chiffre élevé, iio millions. Napoléon faisait préparer un projet général pour le recrutement de la flotte, il s'inspirait en cela de la Hollande, ordonnait de prendre les enfants trouvés et les orphelins pour les équipages des vaisseaux et les régi-

ments des colonies. Par réciprocité sans doute il faisait étudier l'introduction de l'inscription maritime en Hollande. De l'une ou de l'autre source, il tirait des corps de novices instruits d'abord à terre, puis sur les vaisseaux ; il donnait des indications minutieuses pour leur instruction et leur entraînement : tout un avenir d'organisation navale.

Cependant un sénatus-consulte de mars 181 2 lui donnait une levée de 4o.ooo marins. L'Empereur formait, avec toutes ces ressources, pour la défense générale des côtes et aussi pour l'armement des vaisseaux, des bataillons de flottilles dans tous les ports, à raison de i .000 marins par bataillon, soit au total 66.000 marins : de quoi monter 4oo bâtiments de flottille pour garder les côtes, 5o vaisseaux de ligne et 3o frégates ' ; tout cela destiné à assurer la défensive, pendant l'expédition de Russie, et l'ofiFensive suprême aussitôt après.

La défensive était urgente. Car les Anglais étaient toujours maîtres de la mer ; ils enlevèrent alors le Rivoli devant Venise. Ils étaient partout, sur toutes les côtes, littéralement bloquées.

Napoléon ordonna la formation d'une division navale de l'Adriatique; il fit fortifier Pola. « Il faut, disait-il, fortement armer la côte d'Ancône. » Il voulut y avoir en 181 1 2 vaisseaux, 4 frégates, 3 ou 4 bricks pour obliger les Anglais à y avoir trois vaisseaux pour le blocus ; on fera d'ailleurs mieux en 181 2. Cherbourg fut armé, des ordres furent donnés pour pousser le fort Napoléon, pour rehausser la digue au niveau des basses mers. Des soins particuliers furent pris à Anvers, pour la défense de 1 Escaut ; les passes du fleuve furent relevées ; Flessingue fut fortifiée. Le viceamiral Missiessy fut nommé au commandement de toute la région. Il en fut de même pour la défense des îles de la Zélande, pour les embouchures de la Meuse. Au commence-

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