Âff. Etr., Corr. de Turquie, vol. 223, f
fut pour elle dans tous les temps une utile alliée, soit rétablie et redevienne un royaume florissant ; que la Suède, autre alliée de la Porte, répare ses dernières pertes.
Andréossy partit par Laybach. En route il apprit que la Porte avait signé avec la Russie le traité de Bucarest qui lui rendait les Principautés, 28 mai 181 2. Il continua son voyage en courrier. U arriva à Constantinople le 2 5 juillet. Il demanda au Sultan de ne pas ratifier le traité ; on lui fit espérer que la chose était possible : « Quand même Tœuvre de la paix serait consommée, lui dit-on, elle ne tiendrait dans les circonstances actuelles qu'à un fil de coton. » Les images en Turquie tiennent souvent lieu d'engagements. Evidemment les résolutions de la Porte dépendraient des circonstances de la guerre ; en attendant, elle refusait de se compromettre : elle resta neutre, elle refusa de se lier à la France aussi bien qu'à la Russie. Andréossy et Tchitchagof étaient renvoyés dos à dos,
Savif que ce traité de Bucarest rendait à la Russie la disposition de quelques troupes, il ne constituait pas pour Napoléon un sensible échec. Le concours militaire de la Turquie ne pouvait passer pour indispensable, et, lors du règlement des comptes, comme à la veille de Tilsit, où l'ambassadeur ottoman avait refusé de rien conclure, il aurait à l'égard de la Turquie toute sa liberté d'action.
Il achevait de préparer, plus loin encore, le développement de ses ambitions. Déjà, un de ses agents diplomatiques, Thédenat, ex-consul, sous-préfet de Savillan, département de la Stura, expliquait dans un mémoire la nécessité pour la France d'occuper Candie et la Morée, pour faire équilibre aux Anglais de Malte et de Gibraltar .
Le 17 octobre 18 10, sur ordre de l'Empereur en date du i3 \ Champagny confiait une importante mission à un jeune