Afl'. Etr., Corr. de Pologne, vol. 327, f> i
pas pourtant toutes celles qu'elle espérait, pour lesquelles elle languissait.
En passant à Dresde \ il avait obtenu du roi de Saxe un décret qui consacrait l'autonomie du duché en déléguant tous les pouvoirs administratifs au conseil des ministres. Ce n'était qu'un tout petit commencement, qui n'était pas de nature à exalter beaucoup les Polonais.
A la tête de ce gouvernement provisoire, agent d'une œuvre qui pouvait être décisive, il eût fallu un homme de premier ordre, un homme d'action, un homme de guerre, mieux même, un homme politique dans le sens fort de ce mot, un homme d'Etat. Il n'est donc pas étonnant que Napoléon ait songé à Talleyrand, puis il sut que déjà des indiscrétions avaient été commises à ce sujet à Vienne, qu'on avait commencé de s'y réjouir : sans doute, il eut peur de quelque entente secrète entre l'Autriche et le prince de Bénévent, de donner à celui-ci quelque tentation de trahison, de ne pas trouver en lui un serviteur docile. Il ne fut plus question de lui.
Il eût pu songer à Davout. Mais il avait besoin de lui à la Grande Armée. Et Davout, au lendemain de Tilsit, était devenu très populaire en Pologne : Napoléon put craindre que Davout ne voulût devenir à Varsovie ce que Bernadotte était devenu à Stockholm ; Davout pourtant nétait pas capable d'une telle indépendance d'ambition.
Et le choix de l'Empereur tomba sur l'abbé de Pradt, l'archevêque de Malines, la caricature de Talleyrand, « un choix extraordinaire », un choix inexplicable, où l'on trouve en défaut, plus qu'en aucun autre épisode de son règne, l'admirable aptitude de l'Empereur à trouver les meilleurs serviteurs de sa pensée, un de ses plus beaux dons de chef.
Quoi qu'il en soit, l'archevêque de Malines reçut des ins-