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I. A. Sorel, VII

4o6 AU CŒIUR DE LA RUSSIE

ser cette conquête. On a dit que le génie de Napoléon luimême était mal à Taise, décontenancé dans ces plaines sans fin, étant en efîet tout de clarté, de précision, dans les cadres classiques.

Et puis la situation militaire n'était pas sans péril : l'armée russe de Kutusoff n'était pas détruite. Elle est là, aux portes de Moscou; on la sent, elle se révèle par des attaques, des surprises meurtrières, jusque dans les faubourgs; elle se ravitaille, elle se reconstitue de toutes les forces de la Sainte Russie,

Les communications françaises sont bien couvertes, tout au long de la route d'invasion, par Oudinot, Macdonald, Gouvion Saint-Cyr, par Schwarzenberg et Reynier, Mais la base est étroite ; on est un peu en Fair. Il paraît que la Russie a créé de nouvelles armées, car elle a des réserves inépuisables; qu'une armée venue de Finlande et de la région de Saint- Pétersbourg arrive avec Wittgenstein sur la Duna, dans le pays de Polotsk ; qu'une autre, celle du Danube, sous TchitchagofiF, remonte le Dnieper et la Bérésina,

L'Empereur ne méconnaît pas ces dangers. Il compte y tenir tête : il a à son service presque toutes les ressources militaires de l'Europe, et elles circulent vers Test par Vilna et Smolensk et maintiennent puissamment, à travers l'Allemagne, les relations avec la France, avec Paris.

Il est au palais de Catherine II, au Kremlin, au sanctuaire de la puissance russe : comment ne dicterait-il pas ses lois au vaincu ?

Il offrit la paix au tsar. Le 20 septembre, déjà — car le temps pressait, — il fit porter à Saint-Pétersbourg par le capitaine Yakovlef, frère du ministre russe à Cassel, une longue lettre oii, après quelques récriminations, au sujet de Tincendie de Moscou, contre Rostoptchine, contre cette manière insolite de faire la guerre, il terminait ainsi : « J'ai fait la guerre à Votre Majesté sans animosité : un billet d'elle, avant

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