‹ Napoléon et l'Europe (volume 2)Chapitre 213 sur 225 · MOSCOU ! MOSCOU · texte numérisé non relu

MOSCOU ! MOSCOU

ou après la dernière bataille, eût arrêté ma marche, et j'eusse voulu être à même de lui sacrifier l'avantage d'entrer à Moscou. Si Votre Majesté me conserve encore quelque reste de ses anciens sentiments, elle prendra en bonne part cette lettre. Toutefois, elle ne peut que me savoir gré de lui avoir rendu compte de ce qui se passe dans Moscou \ »

En admettant que la Russie eût été disposée à ouvrir des négociations, quelles eussent été les conditions de Napoléon ? Le comte de Langeron" croit pouvoir les établir ainsi : — Rendre à la Pologne toutes ses anciennes frontières, dans lesquelles on eût découpé trois grands-duchés, de Varsovie pour le roi de Saxe, de Lithuanie pour Davout, de Volhynie pour Poniatowski*. — Fermer les ports russes aux Anglais. — Signer avec la France une alliance offensive et défensive pour chasser les Turcs de l'Europe. — Donner à la Grande Armée un contingent de 40.000 Cosaques pour aller dans l'Inde et en chasser les Anglais.

Et le comte de Langeron ajoute : « On voit qu'il n'y avait rien de trop gigantesque pour ce moderne Alexandre, et, sans ses fautes dans cette campagne, tout cependant eût pu être réalisé. Il disait souvent : la paix de l'Europe est à Constantinople ! »

Il serait oiseux d'instituer une discussion là-dessus. Car l'Empereur Alexandre ne fit pas de réponse à la lettre de Napoléon.

Quelques jours plus tard, Napoléon envoya à KutusofT M. de Lauriston porteur d'une autre lettre pour le tsar. Le comte Langeron raconte ainsi cette démarche. — On sait qu'il commandait un corps de l'armée russe :

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