‹ Napoléon et l'Europe (volume 2)Chapitre 25 sur 225 · I . Napoléon et sa famille, V · texte numérisé non relu

I . Napoléon et sa famille, V

LE SBNATUS-CONSULTE DU 17 FÉVRIER 18 lO 55

rentes sur le Grand-Livre de France, ou en achats de terres qui seront jointes au domaine privé du vice-roi, destiné à fournir la dot de ses filles. En six ans, ces i,5oo.ooo francs seront portés à o millions, et, avec les intérêts des intérêts, à plus de 10 millions : ce qui fera 2 millions de rente. « Comme tout porte à penser que le vice-roi gardera encore vingt ans la vice-royauté d'Italie, il placera en France 3o millions et, avec les intérêts des intérêts, 4o millions : ce qui lui ferait 3 à 4 millions de rente'. » La fiche de consolation était dorée.

A défaut de l'Italie, qui ne lui était plus réservée, il fut question de l'envoyer régner en Suède, avant Bernadotte. Eugène refusa, sa femme étant catholique, et il ne voulut pas s'éloigner trop de la France. Alors l'Empereur lui réserva Francfort.

Car TAUemagne, comme l'Italie, fut aussitôt affectée par les nouvelles dispositions qui se préparaient. L'Empereur se résolut à y supprimer le dernier reste du pouvoir spirituel qu'il y avait conservé en faveur du prince-primat, archevêque de Mayence, transféré à Ratisbonne. Le prince-primat, par sa docilité, lui avait été utile à sauver en Allemagne les apparences de l'indépendance; car il présidait la Diète, prolongeant ainsi la tradition du Saint-Empire. Napoléon ne voit plus aucun intérêt à cette feinte : Dalberg sera le dernier primat de Germanie.

Mais le cardinal Fesch avait reçu l'expectative de cette succession. Il en fut dépossédé, se plaignit de l'ingratitude de son neveu, reçut de lourdes compensations d honneurs et d'argent, car il avait de grands besoins ; il ne fut pas content ; il se donna pour un martyr.

Le prince-primat ne se plaignit pas, sans souci de ce que pourrait devenir l'Allemagne après lui. D'ailleurs, comme il

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