LE SÉNATUS-CONSULTE DU 17 FEVRIER 181O
inférieure, selon nous, à celle du séna tus- consulte du i8 mai 1804. Le premier fondait TEmpire ; le second lui donnait à peu près la forme rêvée par l'Empereur ; il n'y était nullement question de l'institution d'un royaume d'Italie en faveur d un second fils de l'Empereur, En ces matières d'intérêt historique capital, il faut se tenir tout près des textes, c'est-à-dire des documents officiels.
Nous en trouvons l'annonce dans une allocution de l'Empereur aux députés des Etats Romains venus pour lui rendre hommage au palais des Tuileries, le i6 novembre 1809 : « Messieurs les Députés des départements de Rome, mon esprit est plein des souvenirs de vos ancêtres. La première fois que je passerai les Alpes, je veux demeurer quelque temps dans votre ville. Les Empereurs français, mes prédécesseurs, vous avaient détachés du territoire de 1 Empire, et vous avaient donnés comme fiefs à vos évêques. Mais le bien de mes peuples n'admet plus aucun morcellement. La France et r Italie tout entière doivent être dans le même système. D'ailleurs, vous avez besoin d'une main puissante. J'éprouve une singulière satisfaction d être votre bienfaiteur. Mais je n'entends pas qu'il soit porté aucun changement à la religion de nos pères : fils aîné de l'Église, je ne veux point sortir de son sein. Jésus-Christ n'a point jugé nécessaire d'établir pour saint Pierre une souveraineté temporelle. Votre siège, le premier de la chrétienté, continuera à l'être. Votre évêque est le chef spirituel de l'Eglise comme j'en suis l'Empereur. Je rends à Dieu ce qui est à Dieu et à César ce qui est à César \ »
Une lettre fut préparée pour le pape où se rencontrent quelques autres formules de la pensée impériale : « Mon trône vient de Dieu, et je n'en rends compte qu'à lui seul. Je reconnais la puissance spirituelle de Votre Sainteté, mais je