LE SYSTÈME DYNASTIQUE
princes. J'espérais qu'élevée dans ma politique Elle aurait senti que la Hollande qui avait été conquise par mes peuples ne devait son indépendance qu'à leur générosité ; que la Hollande faible, sans alliance, sans armée, pouvait et devait être conquise le jour où elle se mettrait en opposition directe avec la France ; qu'elle ne devait point séparer sa politique de la mienne ; qu'enfin la Hollande était liée par des traités avec moi. J'espérais donc qu'en plaçant sur le trône de Hollande un prince de mon sang, j'avais trouvé le mezzotermine qui conciliait les intérêts des deux États et les réunissait dans un intérêt commun et dans une haine commune à l'égard de l'Angleterre, et j'étais tout fier d'avoir donné à la Hollande ce qui lui convenait, comme par mon acte de médiation j'avais trouvé ce qui convenait à la Suisse.
« Mais je n'ai pas tardé à m'apercevoir que je m'étais bercé d'une vaine illusion. Mes espérances ont été trompées. Votre ^Majesté, en montant sur le trône de Hollande, a oublié qu'Elle était française, et a même tendu tous les ressorts de sa raison, tourmenté la délicatesse de sa conscience pour se persuader qu Elle était hollandaise. »
Après avoir ensuite énuméré tous ses griefs, l'Empereur annonçait son intention de réunir la Hollande ^ .
Louis se confondit en doléances, affirma sa soumission entière ; par ailleurs, il s'adressa au tsar, par l'intermédiaire du colonel Gorgoly, venu à Paris en courrier, expliquant que l'indépendance de la Hollande importait au commerce du Nord. Il essaya même d'une intrigue anglaise, une trahison que Napoléon ne saisit point, où Fouché naturellement trempa, qui d'ailleurs n'aboutit à rien.
Enfin il prit le parti de tomber malade et de se soumettre. Le 2 5 janvier 1810, tout le pays hollandais compris entre la Meuse et l'Escaut fut occupé par des troupes françaises.