I. Voir au volume précédent, ch. v, p
DaiAULT — Grand Empire. 6
du Gode civil. Le servage fut aboli, préparant la fusion des classes, pour une Pologne nouvelle : une nation polonaise, après les temps de la République des palatins.
Cependant, encore fragile, elle resta appuyée sur la protection de la France ; elle fut tenue sous le gouvernement direct de F Empereur ou de ses représentants; elle fut une partie, une Marche de TEmpire. Elle ne fut jamais autre chose sous Napoléon.
Donc elle eut surtout par Napoléon une organisation militaire, sous le commandement de Davout jusqu'à l'automne de 1808, puis de Joseph Poniatowski, une organisation militaire d'ailleurs très remarquable, grâce aux qualités guerrières de la race et aux dix ans de services que les légions polonaises venaient de faire dans les rangs de l'armée française. Elle fit ses preuves dans la guerre de 1809 ; Poniatowski tint glorieusement campagne contre l'archiduc Ferdinand, souleva la Galicie, entra dans Cracovie. Tout le pays fut enflammé d'enthousiasme : on eut comme une vision de la Grande Pologne.
Ces espérances furent encore imparfaitement réalisées par le traité de Vienne ; le Duché de Varsovie ne fut agrandi que de la Galicie occidentale. Le traité conséquent du 3o novembre 1809, entre la France et la Saxe, porta l'armée du Duché à 60.000 hommes, fit réserve, sur les provinces récemment acquises, d'un capital de 10 millions de biens fonciers destinés à la récompense des chefs de la Grande Armée \ resserra donc encore les liens de la Pologne avec la France .
Du moins, cet agrandissement, si imparfait qu'il fût, était un nouvel encouragement ; un morceau autrichien rejoignait les morceaux prussiens. Il semblait qu'on ne fût pas éloigné d'une reconstitution intégrale.