‹ Napoléon et l'Europe (volume 2)Chapitre 48 sur 225 · LA CONVENTION DU 4 JANVIER 181O · texte numérisé non relu

LA CONVENTION DU 4 JANVIER 181O

L'article premier dit : — S. M. l'Empereur des Français s'engage à ne favoriser aucune entreprise tendant à rétablir le royaume de Pologne, à ne donner aucune assistance à toute puissance qui aurait cette vue, ni aucun appui, ni encouragement, soit direct, soit indirect, à toute insurrection ou soulèvement des habitants des provinces qui composaient ce royaume.

L'article 2 établit que les Hautes Puissances contractantes n'emploieront plus à l'avenir dans aucun acte public les mots de Pologne et de Polonais pour désigner, dans son état actuel, telle ou telle partie de l'ancien royaume de Pologne et de ses habitants. — « Dans son état actuel », n'était-ce pas admettre que cet état put n'être que provisoire ?

L'article 5 interdisait au Grand Duché de Varsovie comme à la Russie, toute extension territoriale sur l'ancienne Pologne, sauf le cas d'un concert préalable entre la France et la Russie.

Deux mois plus tard, le 12 avril 18 10, donc après mûre réflexion, Napoléon insistait pour que la convention restât secrète et ne pût être publiée que du consentement des deux parties * : — Ce qui lui enlevait toute efficacité, toute raison d'être, puisqu'elle avait pour objet, selon le préambule, de mettre un terme aux espérances chimériques des Polonais.

Alexandre fut surpris naturellement de cette exigence ; il y vit une arrière-pensée, et sa défiance en fut entretenue. Mais le nouveau texte lui-même ne fut pas accueilli avec satisfaction. Roumiantzoff estima qu'ainsi la convention n'était plus rien, que son but était manqué. « Nous voulons, disait-il, tout ce qui peut maintenir la tranquillité de tous et consolider votre propre système, pourvu toutefois qu'il ne sorte pas de la grande sphère que lui a donnée l'Empereur et qu'il n'attaque pas notre sécurité. » Et il se faisait pressant :

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