I. Corr. de Napoléon, XX, iSa
« L'Empereur, qui met du sentiment à tout, est blessé, réellement aflfecté... Pour être quelque chose, pour remplir son but, il faut que l'alliance déborde la vie de nos souverains... Le duché de Varsovie n'est rien pour Tintérêt de la France en sage politique ; ce n'est qu'un moyen de faire des difficultés aux autres, sans utilité pour vous. » Il y a beaucoup de vrai en cela, à moins que le duché de Varsovie ne fût le moyen de refouler la Russie, et d'achever TEmpire par la domination de l'Orient.
L'Empereur Alexandre en causa lui-même longuement avec Caulaincourt : — L'article premier, dit-il, était essentiel. Le secret qu'on en demande détruit 1 utilité même de la convention, puisqu'il s'agit d'arrêter l'esprit d insurrection qui règne en Pologne depuis Tilsit, et de faire taire les brouillons \
Il se plaignit de la formule ajoutée de « Tétat actuel » ; il semble que l'état actuel ne soit pas considéré comme définitif, et cela dans un acte destiné justement à déclarer qu il l'est.
L'Empereur est encore blessé de la parité établie à l'arlicle 5, entre le Duché, simple province de la Saxe, et toute la Russie. — Faut-il voir dans cette irritation l'ambition secrète de s'agrandir un jour en ce sens, puisqu il lui répugne de s'engager au contraire ?
En somme, la Russie n'accepte pas la convention bien que ratifiée d'avance à Paris. Décidément les idées et les sentiments n'étaient plus en concordance. Cependant le tsar et son ministre affirmaient avec insistance la nécessité d un accord étroit de la France et de la Russie contre l'Angleterre, le besoin que la France avait de 1 alliance russe : une sorte d'avertissement encore emprunté à l'air de Tilsit,
On fit donc à Saint-Pétersbourg un nouvel effort de rédaction, qui aboutit au contre-projet du 17 mars, emporté à