I. Grand-Duc Nicola.s Mikh. Relation!?..., IV. 3i
LA CONVENTION DU 4 JANVIER ISIO gi
Paris le i8, avec de pleins pouvoirs à l'ambassadeur Kourakin pour le signer et le ratifier sans autre formalité ' . Il s'y peut remarquer un rapprochement des points de vue ; la question est serrée de près. On est d'accord sur les articles relatifs à la suppression des mots Pologne et Polonais^ aux ordres de décorations, à l'extension territoriale ; sur celui-ci la Russie prend le même engagement qui est imposé au Duché ; elle ajoute pourtant cette formule : « à moins d'être attaquée par l'un de ses voisins » : — Ce qui demeure significatif : elle ne peut pas renoncer à ses ambitions polonaises.
Mais sur larticle premier, le principal, Tunique, pour ainsi dire, on n'a pas fait beaucoup de chemin vers la conciliation : « Sa Majesté 1 Empereur des Français, voulant donner à son allié et à 1 Europe une preuve du désir qu'il a d ôter aux ennemis de la paix du continent tout espoir de la troubler, s'engage, ainsi que Sa Majesté l'Empereur de Russie, à ce que le royaume de Pologne ne sera jamais rétabli » . — Formule habile peut-être, mais inacceptable : pour qui connaît les dispositions du moment, la Russie prétend que Napoléon s'engage à ne pas troubler la paix du continent pour la Pologne. Le refus probable pourra être considéré comme un aveu et fournira à l'occasion un prétexte de rupture. Il n'est pas défendu d'admettre cette arrière-pensée.
Napoléon, alors à Compiègne, protesta avec une certaine véhémence ; Caulaincourt reçut une belle réprimande : — Il avait commis une erreur grossière ; il avait mal saisi ses instructions, mal connu la limite de ses pouvoirs. Et l'Empereur fit rédiger un important document qui est intitulé « Observations sur le projet russe » '. — Il y note surtout des variations de style qui ne font que compromettre son honneur