‹ Napoléon et l'Europe (volume 2)Chapitre 51 sur 225 · Ibid., XX, i53-i · texte numérisé non relu

Ibid., XX, i53-i

94 I^E CONFLIT FRANCO-RUSSE (l8xOj

et sa dignité : la Russie veut des assurances sur les intentions de l'Empereur ; elle les a dans les faits ; car Napoléon pouvait rétablir toute la Pologne à Tilsit en franchissant le Niémen, et il ne l'a pas fait; il pouvait prendre toute la Galicie en 1809 et il ne Fa pas fait. — [Notons que cette argumentation n'a rien de particulièrement convaincant]

Il reproche à la formule russe son caractère dogmatique : « Que le royaume de Pologne ne sera jamais rétabli ». — La Divinité seule peut parler ainsi ; l'Empereur ne peut s'engager que pour ce qui le concerne, — Assurément, et la formule française était davantage, en effet, dans l'ordre des contingences humaines.

Ici intervient un argument de comparaison qui a de la valeur : — C'est comme si l'Empereur Napoléon demandait que la Russie s'engageât à ce que le royaume de Piémont ne soit jamais rétabli. — La France ne peut s'engager à faire la guerre à la puissance qui voudrait rétablir la Pologne (et qui pourrait être la Russie), à moins de réciprocité, à moins que la Russie ne s'engage à faire la guerre à toute puissance qui voudrait enlever à la France les pays qu'elle a conquis ; il y a là une garantie de statu quo territorial qui doit être réciproque.

De même à propos de l'article 5 : « A moins d'être attaquée par l'un de ses voisins ». — Ne dirait-on pas des positions de combat, plutôt qu'un effort de conciliation ? — De fait, ce sont des positions de combat.

Cependant on arrivait au mois de juin. On attendait de jour en jour en Russie des nouvelles de la convention polonaise, et elles ne venaient pas, toujours retardées par des prétextes divers. Et on employait toujours en France et en Saxe les mots de Pologne et de Polonais. L'Empereur Alexandre s'en plaignait lui-même^ : « Si l'Empereur n'a

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