‹ Napoléon et l'Europe (volume 2)Chapitre 57 sur 225 · A. Vandal, II · texte numérisé non relu

A. Vandal, II

NOUVELLE EXTENSION DE L EMPIRE FRANÇAIS lOÎ

Moyennant quoi, il promettait, en cas de guerre entre la France et la Russie, d'envahir la Finlande et de marcher sur Saint-Pétersbourg. Napoléon écrivit à Ghampagny : « Il y a tant d'efTervescence et de décousu dans la tête du prince de Suède que je n'attache aucune espèce d'importance à la communication qu'il a faite au baron Alquier » \ Et il donna des ordres à Davout, qui commandait à Hambourg, pour aider le Danemark à prendre toutes précautions militaires autour de Copenhague et en Norvège.

Mais ces malentendus entre la France et la Suède ne se purent connaître que peu à peu, à la lumière des circonstances. En attendant, on ne pouvait manquer de voir un lien étroit entre Stockholm et Paris. Napoléon ne permit pas que l'on crût ou que l'on dît que Bernadotte était devenu prince de Suède malgré lui ou sans lui. Il importait au contraire à son prestige, à sa politique, que l'on pensât qu'il avait tout conduit.

Aussi, tout en apaisant les inquiétudes de la Russie, il les entretenait, par le seul fait qu'il prenait soin de les apaiser. — Il lui plaisait du reste qu'elle ne fût pas absolument tranquillisée. — Le duc de Vicence reçut l'ordre de dire à Saint- Pétersbourg « que le prince de Ponte-Corvo était déjà âgé et ne désirait que vivre tranquille » ^. Le tsar n'en fut pas rassuré, il envoya ses félicitations à Bernadotte : ce n'était que faire bon visage à mauvais jeu. L'opinion russe était en fait inquiète et irritée : « L'Empereur est pris, y disait-on, entre Stockholm et Varsovie » ^. — Sans compter Corfou.

Napoléon lui donna encore d'autres soucis. La réunion de la Hollande fut prononcée, le 9 juillet 1810, après la fuite de Louis. L'archi-trésorier Lebrun fut nommé, le 4 août,

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