I. Grand-Duc Nicolas Mikh., Relations... V
Driai'lt. — Grand Empire. 8
Il4 LE CONFLIT FRANCO-RUSSE '1810)
rappelé tous les avantages que la Russie avait tirés de ses bons rapports avec la France, il priait le tsar de faire effort pour « faire disparaître de part et d'autre toute espèce de méfiance et rétablir les deux nations, sous tous les points de vue, dans l'intimité d'une alliance qui depuis près de quatre ans est si heureuse » ^ Gomme on le voit, le ton était aimable.
Caulaincourt, avant son départ (ce devait être sa dernière affaire là-bas, sans agrément), reçut des instructions plus sévères sous la plume de Champagny. « Peut-on concevoir un état de paix et surtout un état d'alliance pendant lequel une des deux nations alliées brûle tous les produits de l'autre qui lui parviennent ? Quel effet un pareil autodafé peutil produire?... Et c'est au sein d'une alliance intime que la Russie veut user envers la France d'un pareil procédé ? Nous prend-on pour une nation sourde à la voix de Ihonneur ? Ceux qui conseillent ces mesures à TEmpereur de Russie sont des hommes perfides qui abusent de son caractère. Ils savent bien que brûler les étoffes de Lyon, c'est aliéner les deux nations l'une de l'autre et que la guerre ne tiendra plus qu'à un souffle.
« L'Empereur a ordonné que Ton n'employât plus dans ses arsenaux que des bois neufs de Corse et d'Istrie et des charmes de France et d'Italie. Leur peu de durée peut être compensée par la facilité du remplacement. Ainsi, plus de relations commerciales entre les deux Empires ? Est-ce là un état de paix et d'alliance ? Était-ce ainsi que pensait l'Empereur de Russie à Tilsit?
« ... Qu'on ne le défende pas en disant que chacun a le droit de faire chez soi ce qui lui plaît... L'Empereur me disait qu'il aimerait mieux qu'on lui donnât un soufflet sur la joue que de voir brûler les produits de l'industrie et du travail de ses sujets.