‹ Napoléon et l'Europe (volume 2)Chapitre 63 sur 225 · Corr. de Napoléon, XXI · texte numérisé non relu

Corr. de Napoléon, XXI

LA RUPTUKE ÉCONOMIQUE Il5

«... Quel plus grand mal la Russie peut-elle faire à la France ? Ne pouvant envahir notre territoire, elle nous attaque dans notre industrie et notre commerce ; elle nous insulte dans le produit de nos arts et de nos travaux ; pendant la guerre elle n'en a jamais fait autant^. »

Napoléon s'humiliait même jusqu'à demander un traité de commerce, par lequel les produits fabriqués en France seraient admis en Russie moyennant exportation égale de produits russes. « Au moment de vous retirer, faisait-il écrire à Caulaincourt, il faut que vous efiFaciez cette tache... En conversant avec l'Empereur Alexandre, parlez aussi à son cœur, intéressez son honneur et sa sensibilité. Dites-lui que le souverain qu'il place dans une position pénible est celui qui de son propre aveu l'a si bien servi, celui à qui il a dit à Tilsit et dans ce jour qu'il regardait comme l'anniversaire de Pultava : « Vous avez sauvé l'Empire russe ! » Le prix de cet éminent service serait-il donc pour l'Empereur d'être forcé de faire la guerre à la Russie pour sauver son propre honneur et pour éviter le reproche d'avoir souffert, dans ce haut point de gloire où il s'est élevé, ce que Louis XV endormi dans les bras de M""^ Du Barry naurait pas supporté ^ ? »

Napoléon était touché au vif. Un traité de commerce? Négociation de longue haleine pour laquelle on n'avait plus beaucoup de loisir ; démarche uniquement destinée sans doute à retarder le choc pour lequel il n'était pas tout à fait prêt.

A ce moment Champagny était remplacé par Maret dont on connaissait les dispositions toutes favorables aux Polonais ; il allait personnifier une autre politique, non plus de ménagements, mais de résolutions décisives. Le tsar aussi se mettait en bataille ; les dernières dépêches de Caulaincourt et

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