‹ Napoléon et l'Europe (volume 2)Chapitre 66 sur 225 · Aff. Étr., Corr. de Russie, vol. i5i · texte numérisé non relu

Aff. Étr., Corr. de Russie, vol. i5i

LA BARRIERE DU DANUBE

Discours qui sent fort la poudre.

Survint l'oukase du 3 1 décembre et la rupture de l'alliance franco-russe. Il est facile d'en prévoir les suites.

Le 23 février 1811, Napoléon fait écrire par Champagny à Otto : « Je désire qu'il sonde M. de Metternich sur les circonstances possibles de la campagne prochaine entre la Russie et la Turquie pour savoir ce que l'Autriche veut et peut faire... Est-il à espérer que la Porte puisse défendre encore l'année prochaine ces deux provinces contre la Russie ? . . La Moldavie et la Valachie n'étant pour la France que d'un intérêt de second ordre, tandis qu'elles sont pour l'Autriche d'un intérêt du premier rang, il serait important de connaître jusqu'où l'Autriche serait disposée à aller, et ce qu'elle serait en état de faire pour empêcher leur réunion.

« Tout cela doit être dit en forme de conversation, vaguement, mais autant qu'il le faut pour reconnaître le terrain et se former une idée... Le déplaisir que lui fait (à M. de Metternich) l'occupation de la Moldavie et de la Valachie va-t-il jusqu'à ne pas lui faire redouter la guerre avec la Russie? Enfin, quel est son système sur ces affaires? Quelles espérances conçoit-il de la résistance des Turcs ? Mandez au comte Otto de tâcher d'avoir les noms et la force des régiments russes qui se trouvent dans ces deux provinces ^ . »

Dans les instructions au comte de Lauriston, partant pour l'ambassade de Saint-Pétersbourg, il y a cette formule : « Il faut garder le silence sur ces deux provinces (de Moldavie et de Valachie) et s'abstenir de toute déclaration qui les concerne. Car il est probable que, dans le cas d'une guerre avec nous, la Russie ne les aurait pas. »

Et tout cela fut éclairé dune lumière décisive par le « Résultat du travail fait à Sa Majesté, le 16 août 181 1 m, et rédigé par le nouveau ministre des Relations extérieures,

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