I. Frédéric Masson,, IV
l'ultimatum de l'empereur 143
famille. Il semblerait enfin que Ton se dise que la barrière géographique doit être en même temps la barrière politique ^ »
On célébra la fête de la Reine, au palais royal de Madrid, le 22 mai, avec un éclat particulier. Toute la population parut y prendre part, joyeuse et conquise pour avoir craint un moment d'être abandonnée. Le roi goûta fort cette Inscription à son adresse : Armis vicit minus quam indole. — Décidément, « le moment des explications complètes était venu ».
l'ultimatum de l'empereur
Azanza, duc de Santa-Fé, ne fut reçu par l'Empereur que pour l'objet de sa mission : déposer au pied du trône les compliments de son souverain. Il eût voulu causer d'autre chose ; il n'y fut pas autorisé.
Pendant le voyage impérial en Belgique et en Hollande, il alla voir la reine Julie, à Plombières ; il essaya de se renseigner. Il envoya à Madrid des dépêches assez singulières, selon lesquelles Champagny aurait dit : « L'Empereur a été vivement blessé de plusieurs expressions des lettres du Roi, dans lesquelles il menace d'abandonner sa couronne. Il lui serait très facile de faire revenir en Espagne le prince des Asturies, Ferdinand, qui se prêterait à lui céder les provinces qui lui conviendraient, à toutes les conditions qu'il voudrait lui imposer". »
Santa-Fé, en conséquence, donnait le conseil de dissimuler, d'attendre que l'Empereur fût occupé ailleurs ; ce ne serait sans doute pas long; car on parlait beaucoup, depuis
1. Geoffroy de Grandmaison, III, 406 ; voir encore p. 896, 421-422