L ESPAGNE ET JOSEPH
système de la France, et comme cet intérêt et les circonstances le voudront ^ »
Il faut donc que l'Espagne soit française ; il ne s'agit pas de recommencer Philippe V^.
Le 5 février 1 8 1 1 , Joseph reçut de la reine Julie une lettre oii elle le prévenait qu'il serait arrêté à Bayonne s'il s'avisait de quitter l'Espagne ; il ne devait pas abandonner son poste ; il ne devait donner lieu à aucun esclandre \ On ne connaissait plus à Paris la constitution de Bayonne. Miot lui conseillait bien une abdication digne et franche ; Joseph restait séduit par sa couronne, la glorieuse couronne des Bois catholiques, plus que par l'exemple de Louis.
Et le pauvre roi, si faible au fond, ballotté, désemparé par tant de secousses, vaincu, resta sur son trône, céda sur tout, pitoyablement, sans y sauver même sa dignité.
Il eut avec Laforest de longs et fréquents entretiens, dont le thème resta le même pendant plusieurs semaines; il le faut écouter un moment : — Il avoue que les événements, que les circonstances importantes agissent quelquefois avec excès sur son imagination. Mais il reprend promptement l'assiette oij de mûres réflexions et des sentiments profondément gravés dans son cœur le fixeront toujours. — Il a beaucoup médité récemment sur la position de l'Empereur et sur la sienne, sur les grands intérêts de la dynastie à laquelle il appartient ; il est résolu maintenant à y sacrifier tout ce qui peut être sacrifié, et à jouer le rôle qui peut le mieux seconder la politique de l'Empereur... Tout ce qu'il a fait, il l'a fait pour convaincre ses ministres qu'il était bien Espagnol, au point de tout hasarder pour l'existence dont l'Espagne est jalouse. Ils l'ont vu prêt à quitter le trône plutôt que de se