‹ Napoléon et l'Europe (volume 2)Chapitre 88 sur 225 · NAPOLEON ET JOSEPH AU COMMENCEMENT DE 10I · texte numérisé non relu

NAPOLEON ET JOSEPH AU COMMENCEMENT DE 10I

L'impression faite à Madrid par la naissance du roi de Rome fut profonde ; il y eut de grandes fêtes, de brillants feux d'artifice, avec des inscriptions comme celle-ci : « L'aiglon suivra le vol de Taigle. » Le peuple fut subjugué par cette naissance providentielle.

On ne pourra jamais dire tout l'effet de l'événement sur les esprits des contemporains, déjà étonnés depuis plus de dix ans par tant de prodiges. Les poètes seuls ont pu y essayer, d'ailleurs avec un succès imparfait.

Joseph quitta Madrid le 23 avril, affirmant, proclamant qu'il reviendrait, qu'il allait chercher, qu'il ramènerait la reine et les infantes ^ . Le sentiment fut pourtant général qu'il ne reviendrait pas : après Torres-Vedras, à la veille de Fuentes de Onoro, ce départ était un peu comme une fuite.

Le voyage du roi fut favorable. La Gazette de Madrid annonça qu'il n'avait produit « aucune altération de son importante santé ». Il était en France le lo mai.

Avant de s'installer à Mortfontaine, il alla saluer l'Empereur à Rambouillet. La conversation fut orageuse, autant qu'on en puisse juger par les témoignages contemporains. On ne s'entendit même pas sur les vétilles ; il prétendit que le service de sa personne fût assuré par ses officiers espagnols, contre l'étiquette de la cour impériale ; malgré son

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