I. Frédéric Masson, VI, 33o
NAPOLÉON ET JOSEPH AU COMMENCEMENT DE i8l2 i55
irritation, il fut traité en prince français, non en roi catholique ; il dut paraître aux cérémonies en qualité de prince français et de Grand-Électeur, revêtu du costume blanc, brodé d'or, attribué aux seuls membres de la famille impériale appelés à Thérédité du trône ^ Il fut remis sous le joug. Il en resta frémissant, sa vanité cruellement mortifiée.
Pourtant on s'arrangea tant bien que mal. Joseph eut la promesse du commandement général, avec Jourdan comme chef d'état-major, étant bien entendu qu'ils se conformeraient tous deux aux instructions du major- général, Berthier. Il recevrait un subside mensuel d'un million. Il ne fut pas question de démembrement. L'Empereur cédait donc, mais seulement en apparence ; tout l'avenir était réservé : Joseph restait étroitement attaché à l'Empire, lieutenant de l'Empereur en Espagne,
Dans ce traitement sans rigueur, après les graves querelles de Tannée précédente, on a voulu voir chez l'Empereur le retour de ses scrupules au sujet de l'esprit familial, encore le respect de Taîné, Nous n'y voyons rien de pareil. Il ne s'agit là que des circonstances du moment : toute la situation politique est alors dominée par la rupture avec la Russie, par les menaces de guerre qui n'ont pas cessé pendant toute l'année i8 1 1 ; car le roi de Rome est né dans une atmosphère de tempête. Ce n'était pas le moment de rien brusquer en Espagne ni ailleurs. Il fallait attendre. Les mesures provisoires étaient tout indiquées.
La cérémonie du baptême eut lieu le 9 juin dans l'aprèsmidi. Le roi n'y fut assisté d'aucun dignitaire espagnol ; il eut auprès de lui le comte de Jaucourt comme premier chambellan, et Stanislas de Girardin comme premier écuyer". Il ne resta pas même jusqu'à la fin des fêtes. Il partit assez