‹ Napoléon et l'Europe (volume 2)Chapitre 90 sur 225 · L ESPAGNE ET JOSEPH · texte numérisé non relu

L ESPAGNE ET JOSEPH

brusquement le i5. Il n'était donc pas, le i6, à l'ouverture du Corps Législatif, où il eût dû paraître encore sous le costume dun grand dignitaire de TEmpire. Il y eût entendu ceci, 011 l'Espagne n'était plus signalée que comme le champ de bataille entre la France et l'Angleterre : « Cette lutte contre Carthage, qui paraissait devoir se décider sur les champs de bataille de l'Océan ou au delà des mers, le sera donc désormais dans les plaines des Espagnes ! Lorsque l'Angleterre sera épuisée, qu'elle aura enfin ressenti les maux qu'avec tant de cruauté elle verse depuis vingt ans sur le continent, que la moitié de ses familles seront couvertes du voile funèbre, un coup de tonnerre mettra fin aux affaires de la péninsule, aux destins de ses armées, et vengera l'Europe et l'Asie en terminant cette seconde guerre punique \ »

Julie aussi fut absente au banquet du i6 juin, le dernier épisode des fêtes ; sa dignité de reine n'y eût pas été assez ménagée.

Joseph rentra à Madrid le 1 5 juillet ; on remarqua qu'il avait K un peu plus d'embonpoint », on se persuada qu'il avait aussi un peu plus d'autorité. Le 1 5 août fat brillamment célébré; le roi y présida un souper de 8i couverts, dont 8o dames ".

Ces fêtes coûtaient cher, et étaient moins nécessaires que les opérations militaires. Joseph fatiguait l'Empereur de ses demandes d'argent ; on le fit patienter quelque temps avec l'affaire des joyaux de la couronne, dont quelques-uns avaient disparu depuis le départ de Murât ^ L'argent de France était attendu comme une manne ; 1 Empereur avait fait des promesses ; mais elles étaient verbales, elles furent irréguliè-

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