The Cambridge modem History, IX, 2o
Dkiault. — Grand Empire. n
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arriver quand il avait vu le cardinal Fesch désigné pour sa succession, avec rang de coadjuteur; il avait pu se croire d'accord avec la pensée impériale.
Il ne semble pas qu'il ait beaucoup souffert de son échec ; il ne réagit en aucune manière ; il ne fit rien pour sauver ce qui pouvait rester de l'ancienne constitution du Saint-Empire. Il se rendait compte depuis longtemps qu'il n'y avait pas de place en Allemagne à d'autres initiatives qu'à celle de l'Empereur. Il y consentait parfaitement ; il avait toujours eu la vertu de soumission.
Ainsi disparaissait en Allemagne toute espèce de pouvoir général, toute trace de constitution nationale ; ainsi achevait de s'effondrer l'édifice vermoulu du Saint-Empire.
Sans doute apparaissaient sur ces ruines d'autres traits d'une Allemagne nouvelle, dans l'esprit public, dans quelques signes de résistance à la domination de Napoléon. Mais il ne faut pas les exagérer ; car pour l'instant ce qui est plus évident, c'est la fusion avec la France, l'entente avec l'Empereur pour achever avec lui l'abolition du passé.
Car voici un autre phénomène de destruction. « Dans le programme napoléonien, dit M. Ernest Denis, il y avait une partie que les princes allemands avaient aussitôt comprise et qu'ils appliquaient avec ardeur : c'était la suppression des libertés qui gênaient leur autorité ^ » — « Chassez-moi tous ces b...-là », avait dit Napoléon au roi de Wurtemberg qui ne s'entendait pas avec sa diète. Et ils se prirent les uns et les autres à vouloir imiter Brumaire.
Ils y retrouvaient d'ailleurs une tradition qu'eux-mêmes ou leurs prédécesseurs avaient cultivée dans la deuxième moitié du xviif siècle, c'est-à-dire la tradition de la philosophie, du despotisme éclairé. Ils étaient tous plus ou moins des disciples de Turgot et de Montesquieu ; ils avaient cor-
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respondu de près ou de loin avec les gens des salons de Paris ; ils avaient eu et ils gardaient la passion des réformes, fût-ce à coups de bâton.
Ainsi disparurent à peu près complètement les diètes locales et toute leur activité vieillotte et pittoresque, et ce fut dans la vie de l'Allemagne un changement plus profond qu'il ne semblerait au premier abord ; elle y perdit la plus grande part de son originalité gothique qui ne fut plus conservée dès lors que sous la forme d'émouvantes reliques. Qui sait si ce ne fut pas la voie frayée à l'autorité de l'Etat prussien, et si ces libertés antiques n'étaient pas utiles à la liberté générale ?
Il est vrai que beaucoup de ces vénérables institutions étaient, ou paraissaient être des forteresses de privilèges. Les villes libres, encore nombreuses avant le Recès, avaient pourtant des traditions curieuses, malgré les privilèges quy gardaient certains corps politiques ou certaines classes sociales. Les privilèges d'autrefois n'étaient pas toujours des maux ni même des injustices : il y avait des compensations, et dans nos temps d'égalité il y a encore beaucoup de privilèges qui ne sont pas aussi fondés. En tout cas, il y a dans la ruine de toute cette vieille Allemagne une irrésistible mélancolie, une grande pitié. Est-ce ruine définitive, et n'y aurait-il pas quelque chose à reprendre des « libertés germaniques » pour assurer la destruction totale du militarisme prussien? Il s'agit là même de la paix' du monde.
En tout cas, par les caractères que nous venons de dire, la période que nous étudions ici est d'importance capitale et elle eut des conséquences prolongées.
La vie politique à peu près morte, l'Allemagne sous Napoléon n'eut qu'une activité purement administrative. Tous les pouvoirs publics furent occupés de la prise de possession de frontières toujours changées, de la redistribution des biens domaniaux, en un continuel branle-bas de déménagement;
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OU bien de l'adaptation du Code à l'usage des Allemands, de l'application du blocus, de la chasse aux marchandises anglaises, parmi beaucoup de résistances toutes naturelles et de mauvaises volontés ; ou bien de la réorganisation financière et surtout de la conscription, levées d'hommes, armements et équipements.
Sur tous ces points l'administration française, alors si puissamment centralisée, donnait la loi, et il semblait qu'elle fût en passe, par tous ses règlements et institutions, par les habitudes qu'elle exigeait, de donner à l'Allemagne le pli français.
Les princes et les rois ne s'en plaignaient pas. Parmi eux les ennemis de la France avaient disparu, le duc de Brunswick, le landgrave de Hesse-Cassel : salutaire exemple. Les autres paraissaient ou étaient vraiment heureux de leur sort\ Ils étaient délivrés des Habsbourg, dont la domination avait été souvent lourde. Il n'y avait plus en Allemagne d'Empereur au-dessus d'eux ; car Napoléon n'était que protecteur de la Confédération du Rhin, et on pouvait comprendre que cela signifiait Protecteur des libertés germaniques comme au temps de la France monarchique. Ils étaient, ou se flattaient d'être ainsi de vrais souverains ; plusieurs avaient reçu et accepté avec grande joie le titre royal ; ils avaient des armées à eux, petites ou grandes ; ils avaient participé, à côté de l'armée française, à d'éclatantes victoires.
Leur despotisme étant sans limites, ils ne demandaient pas une autre constitution ; ils se trouvaient bien de leurs territoires agrandis, de leurs revenus grossis.
Et, des peuples eux-mêmes, il ne faut pas juger par les « mille \endées » de 1809. D'abord il n'y en eut pas autant, et ce ne furent en somme que des tentatives isolées, quasiindividuelles, d'autant plus honorables d'ailleurs, notamment