I. Afi. Étr., Corr. de Wurtemberg, vol. 45, f° 2f
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berg, sans compter le Tyrol, qui la porta jusqu'au sud des Alpes.
Ainsi elle se trouvait étendue, de part et d'autre du Danube supérieur, du Frankenwald et du Main jusqu'à Trente sur TAdige. La protection de Napoléon, comme jadis celle de nos rois, lui avait été bienfaisante.
L'Electeur Maximilien eut le titre de Roi en 1806. — Tous ces rois allemands, sauf celui de Prusse, sont d'institution napoléonienne. — Il allait encore bénéficier des victoires de 1809, par suite des pertes de l'Autriche au voisinage de son territoire. Les rois de la Bavière contemporaine ne devaient rien à la Prusse en comparaison ; ils étaient ses vassaux sans compensation ; car elle n'était pas généreuse.
On pouvait concevoir pour la Bavière un avenir plus brillant encore, grâce à sa situation et à sa grandeur exceptionnelle ; on pouvait lui attribuer une place particulièrement importante dans la nouvelle constitution que l'on attendait de Napoléon.
La Gazette de Munich du 28 janvier 181 o racontait que, sur le champ de bataille d'Abensberg, le 20 avril 1809, Napoléon le Grand avait dit aux généraux bavarois, devant toute l'armée, que cette fois, l'Autriche écrasée, il ferait la Bavière si puissante qu'elle suffirait dès lors à contenir toutes les forces des Habsbourg.
Le fait est que 1 on peut retrouver ce propos dans le premier bulletin de l'armée d'Allemagne du 24 avril 1809^ Il avait dit encore aux Bavarois, ce même 20 avril : « J'ai déjà reculé les limites de votre pays; je vois maintenant que je n'ai pas assez fait. A l'avenir, je vous rendrai si grands que, pour faire la guerre contre les Autrichiens, vous n'aurez plus besoin de mon secours, m
Et la Gazette ajoutait : « Nul doute que ces promesses
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mémorables ne soient réalisées, par exemple en donnant à la Bavière la Basse- Autriche et les Provinces lUyriennes, Ainsi un peuple germanique s'étendrait de nouveau jusqu'aux extrémités de la Méditerranée, fortement appuyé aussi sur ritalie'.»
Il ne faut pas rappeler leurs promesses aux grands de la terre ; ils ne les tiennent que quand on ne les leur rappelle pas, et encore ! D'ordre de Napoléon, Champagny invita le gouvernement bavarois à interdire à ses journaux de telles indiscrétions. La Bavière ne s'étendit pas jusqu'aux extrémités de la Méditerranée.
Même, à ce moment précis, M. de Cetto, ministre de Bavière à Paris, reçut une note assez déplaisante : par suite de la récente insurrection du Tyrol, son gouvernement était prié d'y préparer l'établissement d'institutions qui l'empêcheraient de regretter sa situation passée, quand il était sous la domination de l'Autriche ; en outre, et par surcroît de précaution, il était question de le partager entre la Bavière et l'Italie, de façon à en briser le sentiment national qui avait donné tant de force à sa résistance.
M. de Cetto fut très ému et ne le cacha point. Il répondit que l'insurrection du Tyrol ne pouvait pas être imputée à la Bavière, qu'elle venait d'excitations extérieures, que, n'appartenant à la Bavière que depuis deux ans, il n'avait pas eu le temps de s'y attacher définitivement, mais que ses institutions étaient excellentes, étant au point de vue politique et social les mêmes qu'en Bavière et en Italie, c'est-à-dire d'inspiration française ; que les habitants ne se plaignaient que de la conscription, et, depuis la dernière paix, des exigences des officiers français qui empêchaient le rétablissement des autorités bavaroises et vivaient largement sur le pays.