‹ Napoléon et l'EuropeChapitre 124 sur 235 · Aff. Etr., Corr. de Prusse, vol. 240, f*^ i3i · texte numérisé non relu

Aff. Etr., Corr. de Prusse, vol. 240, f*^ i3i

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ment. Le conseiller de cour Brockhausen fut envoyé à Dresde; on lui raconta que lEmpereur était assez disposé à rendre Varsovie à la Prusse ; il le crut et communiqua cette bonne nouvelle à sa cour. Napoléon demanda qu'il fût accrédité à Paris; il le sentait facile à berner.

Un peu plus tard, en janvier 1808, le prince Guillaume fut envoyé en mission auprès de l'Empereur ; pour écarter le joug très lourd qui pesait sur la Prusse, il demanda qu'elle fût admise dans l'alliance de la France. Napoléon l'écouta favorablement, mais déclara que pour l'instant il fallait d'abord en finir avec 1 Angleterre.

La Prusse eut d'autres moments de faiblesse. Le 3 août 1807, Frédéric-Guillaume adressait à Napoléon les plus humbles supplications ; s'excusant de n'avoir pas accepté avant la guerre les propositions de la France : « J'étais lié, disait-il, par des liens indissolubles et sacrés, et tirez-en la conséquence que la fermeté avec laquelle j'y ai tenu ne saurait être que d'un heureux présage pour toutes les relations que les circonstances pourraient former entre nous. Expliquons-nous, Sire ; le langage de la conscience et de la franchise est celui qu'il convient d'adresser au plus grand homme de notre siècle. Je ne peux plus vous donner ombrage. Prononcez le rôle que vous voulez m'assigner parmi les puissances de l'Europe, et, si votre intention est de me rendre votre amitié et votre confiance, mettez un terme aux traitements arbitraires de vos autorités qui ne visent qu'à détruire les dernières ressources de mon peuple \ »

Heureusement pour la Prusse, Napoléon n'entendit pas ces appels désespérés. La domination française s'appesantit et dura impitoyablement, et l'obligea à réagir. Elle trouva dans l'excès de ses malheurs la force de les réparer. Elle eut l'énergie de la résignation et de la patience, et Stein n'était

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pas encore trop vieux pour la mettre dans la voie du salut ; le 9 octobre 1807, il promulguait l'édit d'émancipation, qui, en relevant le paysan prussien du servage, le prépara au relèvement de la patrie. Il n'y fallut que quelques années : mémorable leçon.

La Hollande était le plus précieux instrument de TEmpereur contre l'Angleterre, quoiqu'il en ait peu usé.

Dès le début du règne de Louis, il y eut des dissentiments entre les deux frères ; le roi de Hollande se donna tout aussitôt pour une victime ; il n'est pas sûr qu'il ait été toujours digne d'un grand intérêt ; ainsi pendant que jNapoléon était occupé des préparatifs de sa campagne contre la Prusse, Louis n'avait souci que de fonder dans son nouveau royaume un ordre de décoration, l'ordre de l'Union : l'Empereur avait bien raison de lui dire, de lui répéter qu'il avait des questions plus sérieuses à traiter '.

Il est vrai que la Hollande souffrit beaucoup de la guerre avec l'Angleterre, et Louis se plaignait des charges dont elle était accablée à cette occasion. Napoléon menaça de la laisser envahir par les Anglais, qui lui prendraient d un seul coup 200 millions. Mais il n'en avait pas l'intention.

Le blocus continental ne pouvait qu'être ruineux pour ce pays presque uniquement commerçant, et les plaintes de Louis eurent là-dessus quelque raison d'être ; peut-être manqua-t-il de fermeté pour interrompre toutes relations entre son royaume et l'Angleterre, et Napoléon put lui reprocher de permettre ou du moins de ne pas empêcher la contrebande ; il y eut quelques conflits sérieux à la frontière, dans la région d'Anvers ; des douaniers français vinrent arrêter des citoyens hollandais dans leur pays même'.

1. Cf. Félix Rocquain, Napoléon et le roi Louis. — A. Duboscq, Louis Bonaparte en Hollande, d'après ses lettres.

1. Lefebvre, Histoire des cabinets de l'Europe, III, 187. — Duboscq, op. cit , 14.

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