‹ Napoléon et l'EuropeChapitre 128 sur 235 · I. Cité par E. Denis, hWUemagne de 1789 à 1810, p · texte numérisé non relu

I. Cité par E. Denis, hWUemagne de 1789 à 1810, p

a48 l'aLLEMAGINE et l'occident après TILSIT

Les classes populaires n'étaient pas plus hostiles à l'influence française que les classes cultivées. Les suites du blocus ne furent vraiment accablantes que plus tard, réserve faite des villes hanséatiques où elles furent aussitôt ruineuses. La conscription fut lourde de bonne heure et on devait se lasser vite du despotisme militaire. Cependant la jeunesse allemande se prêta volontiers à l'éducation des camps, et commença d'éprouver avec une sorte d'orgueil le sentiment de l'honneur et le culte du drapeau, d'abord même du drapeau aux trois couleurs de France, Elle ne se refusa point à une admiration quasi religieuse pour le génie surnaturel qu'elle attribuait à l'Empereur ; elle fut fière d'être de la Grande- Armée.

Au fond, l'Allemagne jouissait avec délices des bienfaits nouveaux de la Révolution, et elle était prête, pour cela, à une rapide assimilation avec le reste de l'empire français : fusion qui pouvait être durable, malgré la Prusse et malgré l'Autriche, qui ne représentaient alors qu'un passé social désormais condamné ; fusion dont certains traits ont duré : après le Saint-Empire à jamais déchu, c'était l'empire de la Révolution étendu sur l'Allemagne, et malgré la chute de Napoléon, il n'a pas cessé son action sur elle.

Page 1