Aff. Élr., Corr. d'Espagne, vol. 672, f
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écrivit-il à son père, j'ai failli, j'ai manqué à Votre Majesté en sa qualité de roi et de père ; mais je me repens, et j'offre à Votre Majesté l'obéissance la plus humble. Je ne devais rien faire à l'insu de Votre Majesté ; mais ma religion a été surprise. J'ai dénoncé les coupables. Je demande à Votre Majesté qu'elle me pardonne de ne pas lui avoir dit la vérité l'autre nuit, et qu'elle me permette de baiser ses pieds royaux. Son fils reconnaissant, Ferdinand \ »
Godoy profita de cette humiliation pour dégager le prince de cette affaire comme le prince s'en dégageait lui-même ; d'ailleurs, ayant saisi la trace de la lettre du 1 1 octobre, il craignait que Napoléon n'intervînt en faveur de Ferdinand. Il usa même d'un stratagème un peu gros pour savoir au juste à quoi s'en tenir sur ce point : dans la nuit du i8 au 19 novembre, à trois heures du matin, une voiture de l'Escurial s'arrêta devant l'ambassade de France ; un « particulier » en descendit et demanda à voir M. de Beauharnais pour lui remettre une lettre du prince des Asturies. Beauharnais, flairant un piège, fit dire par son secrétaire Missiessy que, comme ambassadeur, il ne connaissait que Sa Majesté Catholique, On insista, on supplia ; Beauharnais tint bon, permit seulement à M. de Missiessy de recevoir la lettre, qui était ainsi conçue : « Monsieur, avec toute la confiance que j'ai en vous, je vous prie de me faire le plaisir de me renvoyer les deux lettres que je vous ai écrit le 12 ou i3 du mois passé l'une pour vous et l'autre pour que vous l'adressiez à S. M. I. et R., et si vous avez déjà envoyé la lettre à l'Empereur, faites-moi aussi le plaisir de me remettre les brouillons des deux dites lettres ou quelque copie si vous l'avez parce qu'il convient pour ma défense. Je vous souhaite la plus parfaite santé et je suis de tout mon cœur, votre très affectionné, Ferdinand. » Inutile