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NAPOLÉON ET LA RUSSIE CONTRE L AUTRICHE

drait, lui prouverait sa bonne foi, son loyalisme, lui démontrerait l'erreur de ses soupçons. Talleyrand ne broncha point, s'inclina avec la plus déférente et la plus impertinente soumission; deux jours après, Napoléon lui enlevait sa charge de grand chambellan ; il en fut plus à l'aise pour pousser sa trahison, dégagé de tous scrupules, en supposant qu'il lui en fût resté.

Roumiantzoff était encore à Paris; il vit Napoléon gêné, sinon enserré, dans ce réseau dintrigues; il en fut encouragé à garder la politique russe dans une position d'attente.

Ce fut le principal souci de Napoléon, à son retour d'Espagne, que d'entraîner la Russie à une vigoureuse pression sur l'Autriche ; il ne voulait pas d'une guerre avec l'Autriche ; elle ne s'accordait pas avec ses plans du moment ; c'est pourquoi d'ailleurs l'Autriche la voulait. Il ne pouvait guère compter sur le prince Kourakin, le nouvel ambassadeur russe, un personnage d'une insignifiance absolue et d'un ridicule achevé ; peut-être avait-il été choisi à dessein, dans le 'femps où l'on ne tenait plus que l'alliance francorusse produisît de grands résultats. Il est vrai que RoumiantzoJEf était encore à Paris pour quelques semaines. Napoléon eut de nombreux entretiens avec lui, presque tous les jours au commencement de février, il essaya de l'entraîner dans ses voies, de l'exciter à une action énergique, décisive, contre l'Autriche ; il mit d'abord la conversation sur un ton très élevé ! « Elle veut un soufflet, je m'en vais le lui donner sur les deux joues, et vous allez lavoir m'en remercier et me demander des ordres sur ce qu'elle a à faire. » Ou encore : « Je donnerai des coups de bâton à l'Autriche ! » — A quoi Roumiantzoff répondit : « Sire, ne les lui donnez pas trop fort, car nous nous verrions obligés de compter les bleus ^ » Et le Russe se refusait à l'entretien, lorsque l'Empereur lui

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