I. Corr. de iXapoléon, XX
plus confiance dans ses seules forces : elle était réduite à compter sur les autres et sur les circonstances. Ce n'est pas à dire qu'elle eût mis toute confiance dans les autres puissances rivales de la France : il y avait encore bien des dissentiments secrets ou avoués contre les ennemis de Napoléon, et c'était sa plus grande force. Si ses adversaires avaient pu s'entendre, ils l'auraient peut-être vaincu dès i8o5.
Wagram et le traité de Vienne mettaient fin à toute agitation en Prusse, même autour du roi.
Le i8 octobre, Frédéric-Guillaume envoyait à Napoléon ses félicitations sur la paix ; il en profitait pour demander une interprétation aussi libérale que possible de la convention du mois de septembre 1 808 ; il espérait que la joie de la victoire inspirerait à Napoléon quelque générosité. « Sire, écrivait-il, pendant deux années et dans les circonstances les plus difficiles, j'ai tout fait pour prouver à Votre Majesté Impériale et Royale ma ferme volonté de mériter sa confiance et de conformer ma conduite à son système politique, résistant aux sollicitations étrangères et étouffant les plaintes et les mouvements qui tendaient à m'en écarter. « Et il demandait donc à l'Empereur la faveur d'un arrangement financier, « que je me permets, disait-il, de solliciter comme méritée par la constance de mon système et de mes principes ^ » .
Nous n'avons pas à apprécier la sincérité de cette lettre. Napoléon fut peut-être dupe ; pourtant il fit comme s'il ne l'était pas ; il n'accorda rien ; il ne se prêta à aucun arrangement financier a pour le soulagement des peuples » . Il tint la Prusse asservie, liée de force à son système. C'était plus sûr que de compter sur sa fidélité et sur sa reconnaissance.
Et l'Allemagne ainsi se résigna pour une nouvelle période à la domination française. Avec plus ou moins de zèle patrio-