A. Lefebvre, Hist. des cabinets de l'Europe, II, SgS
LA NEGOCIATION LUCGHESINI-ZASTROW 4 e
Napoléon n'eut jamais d'alliance, il semble que cette conception ait été absolument étrangère à son esprit, parce qu'une alliance comporte des rapports d'égalité et non de sujétion et de domination. En absorbant peu à peu l'Europe dans l'unité impériale, il ne pouvait avoir que des vassaux.
C'est ici que sa politique impériale se sépare de la tradition diplomatique du Comité de Salut Public, c'est à partir de ce moment qu'il est impossible de voir dans l'une le développement de l'autre.
Frédéric-Guillaume était cependant bien disposé à rentrer dans le système de l'alliance française qui lui avait été profitable. Le 25 octobre, de Custrin, en envoyant Zastrow au quartier général français, il écrivait à l'Empereur pour lui exprimer l'espoir qu'un bon accueil eût été fait à ses ouvertures pacifiques : « S'il a été tel que ma confiance dans les dispositions de Votre Majesté Impériale me le fait espérer, que ne puis-je en être informé déjà ? Le renvoi des armées russes en serait la suite immédiate, et, sorli d'un état d'incertitude qui me pèse, je ne balancerais pas à donner à Votre Majesté Impériale toute preuve de mon empressement à remplir avec loyauté des engagements qui seront, j ose le croire, le commencement d'une nouvelle et inaltérable intimité entre nous ^ . »
Lorsqu'il connut les conditions Imposées par Napoléon, le roi réunit à Graudenz un conseil extraordinaire, le 6 novembre ; Haugwitz y parla en faveur de la paix, fut entendu ; les conditions de la France furent acceptées. Le roi en écrivit le lendemain à l'Empereur, annonçant que des ordres venaient d'être donnés pour assurer le retrait des troupes russes hors des frontières prussiennes. Il ajoutait avec une sorte d'émotion : « J'ai le plus vif désir que Votre Majesté soit accueillie et traitée dans mes palais d'une manière qui