‹ Napoléon et l'EuropeChapitre 28 sur 235 · Afif. Etr., Corr. de Prusse, vol. a39, f" SSg · texte numérisé non relu

Afif. Etr., Corr. de Prusse, vol. a39, f" SSg

LA ?)ÉGOCIATION LUCCHESIISIZASTROW 43

« M. Duroc se rendra à Charlottenbourg ; il leur dira (aux envoyés prussiens) qu'aujourd'hui je considère la bataille d'Iéna comme terminée parce que les corps qui avaient été coupés à la suite de cette bataille viennent de poser les armes, que dans cette situation de choses je ne vois rien qui s'oppose à ce que Ton négocie sérieusement pour conclure la paix. »

Cependant il en revenait, non à la négociation d'un traité définitif, mais seulement d'un armistice comme celui que les Prussiens avaient d'abord demandé, et avec d'extraordinaires exigences : les troupes prussiennes seraient toutes ramenées à Koenigsberg et dans la Prusse royale. Les troupes françaises occuperaient la Prusse méridionale à droite de la Vistule jusqu'à l'embouchure du Bug; les places de ïhorn, Graudenz, Danzig, Kolberg, Glogau, Breslau, encore occupées par des garnisons prussiennes, seraient remises à la France, avec leurs armements dont il serait fait inventaire. Les négociations pour la paix seraient continuées à Charlottenbourg, et, si elles n'aboutissaient pas, les hostilités seraient reprises dix jours après qu'on se serait réciproquement prévenu \

C'était toute la Prusse livrée à Napoléon sans coup férir.

Mais ce n'était pas tout. Talleyrand remettait aux plénipotentiaires prussiens cette déclaration :

« Quatre coalitions dont la quatrième a produit la guerre actuelle ont été formées contre la France. Toutes les quatre ont été vaincues. Les victoires remportées sur chacune d'elles ont mis de vastes Etats au pouvoir de Sa Majesté l'Empereur et Roi. Trois fois la France a, par une modération sans exemple dans l'histoire, restitué toutes ou presque toutes ses conquêtes, et replacé sur le trône, sans presque aucune diminution de leur puissance, des princes que la victoire en avait fait descendre. La conduite que Sa Majesté l'Empereur a tenue trois fois, il est prêt à la tenir encore, sans considérer

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