‹ Napoléon et l'EuropeChapitre 33 sur 235 · A. Sorel, VII · texte numérisé non relu

A. Sorel, VII

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nous sommes au point culminant de la thèse du grand historien.

En fait, le blocus continental n'occupe en ce volume qu'un paragraphe de six pages, dont trois au plus lui sont vraiment consacrées ' . Tout de même il tint plus de place dans la pensée de l'Empereur,

D'abord il eut une grande importance économique et à cet égard, 11 est possible en effet de le rattacher à la politique du Comité de Salut public et du Directoire. Le traité de commerce de 1786 avait donné à l'Angleterre des avantages exagérés, funestes au développement de l'industrie française. Tous les gouvernements révolutionnaires de la France l'avaient condamné, et le Premier Consul, après la paix d'Amiens, s'était refusé à le renouveler et même à négocier avec Londres un autre accord commercial-.

La guerre reprise en i8o3 pour diverses autres raisons, il était naturel de chercher à atteindre les intérêts commerciaux de l'Angleterre, de lui disputer le continent, de favoriser en tous pays, à son détriment, l'expansion économique de la France. C'était de bonne guerre, et de bonne politique nationale. En vérité, le blocus continental a produit à cet égard, pendant plusieurs années, des résultats intéressants ; il a donné à diverses branches de l'industrie française un essor inouï; la France fut un moment la maîtresse du marché européen.

Comme arme de guerre , il faillit être d'une efficacité décisive ; en empêchant l'Angleterre de vendre ses produits au continent, il l'empêcha de renouveler sa provision de numéraire; un peu plus tard on verra Napoléon autoriser tout un régime de licences, c'est-à-dire permettre à des marchands français de vendre à l'Angleterre , et cela

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