‹ Napoléon et l'EuropeChapitre 35 sur 235 · I. Corr., XIV, Sg · texte numérisé non relu

I. Corr., XIV, Sg

Les dépôts furent renforcés en arrière par de nouvelles levées ; ainsi la Grande- Armée reçut de nouveaux régiments qui lui arrivaient par la route Erfurt, Halle, Magdebourg, Wittenberg, Spandau, Custrin, Francfort, les étapes variant selon la commodité des approvisionnements. Un grand dépôt de cavalerie fut établi à Potsdam, les chevaux surtout venus du Frioul.

600.000 hommes se trouvèrent en mouvement, dont Soo.ooo entre le Rhin et la Vistule, toutes leurs forces tendues par une même volonté.

Le huitième corps, sous Mortier, après avoir pris possession de la Hesse-Cassel, était désormais sur le littoral de la Baltique, devant Stralsund, et commençait d'opérer contre les Suédois.

Clarke commandait à Berlin.

Jérôme et Vandamme, avec des contingents surtout allemands, occupaient la Silésie; mais elle était hérissée de places fortes dont le siège devait être long.

Du moins ainsi de Stettin jusqu'à Breslau, en passant en avant de Berlin, la ligne de TOder était fortement occupée par les troupes françaises. C'était la base des opérations entamées dans la direction de la Vistule, sur Posen et Varsovie.

Murât avait le commandement général des troupes en marche à travers la Pologne; il avait Davout, Augereau et Lannes avec lui.

En entrant à Posen, 1" Empereur avait été acclamé par toute la population comme un sauveur; on attendit de lui ouvertement la résurrection de la Pologne toute démembrée depuis onze ans. L'Autriche en eut de l'ombrage à cause de l'importante part qu'elle en avait et qu'elle risquait de perdre Napoléon fut obligé, avant d'aller plus loin, de prendre quelque souci des dispositions qu'elle montrait et des intentions quelle cachait.

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On a vu plus haut, et surtout à la fia du volume précédent, les avances faites par \apoléon à TAutriche avant léna par linlermédiaire de l'ambassadeur de France à Vienne, M. de La Rochefoucauld, et plus tard par l'intermédiaire du grand-duc de Wurzbourg. L'Autriche y vit sans doute une simple mesure de précaution, la pensée de la détourner d'un accord avec la Russie ou de découvrir ses desseins. Elle répondit par monosyllabes, que La Rochefoucauld eut grandpeine à lui arracher, qu'elle était épuisée par les dernières guerres, qu'elle avait besoin de repos, qu'en se déclarant pour la France elle craindrait d'attirer les représailles de la Russie et de compromettre sa situation en Galicie, qu'elle voulait surtout assurer aux peuples le bienfait de la paix, qu'elle verrait la conduite à tenir après la guerre, que d'ailleurs, en attendant, elle était résolue à ne pas sortir de la neutralité*.

Après léna, les avances de Napoléon se firent plus pressantes, et menaçantes en quelque manière : il parut vouloir forcer l'Autriche à se prononcer. Le 19 octobre, il chargea M. de La Rochefoucauld de déclarer au comte de Stadion que, si TAutriche laissait échapper l'occasion de former des nœuds intimes avec la France, elle pourrait s'en repentir ; que, « refusé à Vienne, il ne lui resterait plus qu'à s'arranger avec la Prusse ou avec la Russie » ; et il lui montrait la nécessité de garantir la Turquie contre les ambitions russes.

Dans le même sens Talleyrand écrivait de Mayence, où il était encore le 24 octobre :

« C'est par l'alliance que la cour de Vienne obtiendra le plus sûrement les résultats qu'elle désire, la conservation de la paix et de l'intégrité de son empire... Les victoires de l'Empereur font qu'elle n'aurait rien à redouter des menaces de la Russie sur aucune frontière., , Si elle voulait négocier

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