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I. AfT. Étr., Corr. de Vienne, vol. 379, f

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d'équilibre et une division d'Etats qui, sans nuire à sa puissance réelle, lui ôterait un voisinage dont les conséquences ne peuvent être ni utiles ni honorables, et que, si elle pouvait concourir elle-même à cet établissement, elle s'y prêterait d'autant plus volontiers que la Gallicie est une province ouverte, d'une défense presque impossible, tandis que laSilésie, avec ses nombreuses places fortes, et appuyée sur la Bohême, se lie bien mieux au système défensif de cette puissance.

« Remarquez bien, général, que tout ceci ne doit avoir aucune apparence d'ouverture et qu'il s'agit au contraire de chercher à en provoquer quelqu'une de la part de l'Autriche, ou à connaître du moins sa pensée. »

Notons en passant qu'au moment où il venait de conclure un armistice avec la Prusse, Napoléon n'avait aucun scrupule à lui prendre une nouvelle province, et non conquise.

Quelques jours après, de Posen, il écrivait lui-même à Andréossy :

« La Pologne entière se lève. Prêtres, nobles, paysans, tout est soldat. Il n'est pas en mon pouvoir d'empêcher cette explosion nationale. Il serait difficile de croire que la partie de la Pologne située sur la gauche de la Vistule a déjà 60.000 hommes sur pied. Je ne demandais pas mieux que de refroidir ce zèle par la suspension d'armes. Le Roi de Prusse n'a pas voulu; les destins feront le reste.

« ... Je n'ai jamais reconnu le partage de la Pologne ; mais, fidèle observateur des traités, en favorisant l'insurrection des Polognes prussienne et russe, je ne me mêlerai en rien de la Pologne autrichienne.

« Si l'Empereur sent lui-même la difficulté de maintenir la Pologne autrichienne au milieu de ces mouvements, et qu'il veuille admettre en indemnité une portion de la Silésie, vous pouvez déclarer que vous êtes prêt à entrer en pourparlers pour cet objet... L'Autriche veut-elle conserver la Gallicie ? je ne m'en mêle en rien. Veut-elle en céder une partie ? Je

suis prêt à donner toutes les facilités qu'elle peut désirer. Veut-elle traiter publiquement, secrètement ? Je suis prêt à faire ce qu'elle veut... Je vous autorise à déclarer que, quoique je ne reconnaisse pas le partage de la Pologne, je ne veux cependant point toucher à la Gallicie, parce que je veux tenir toute la garantie que j'ai assurée aux Etats autrichiens par la paix de Presbourg * . »

Ces propositions ont un intérêt complexe. Elles donnent une idée des grands changements territoriaux que Napoléon méditait après léna, en entrant en Pologne. Elles avaient pour but de calmer l'émotion que les affaires de Pologne ne pouvaient manquer de produire à Menue, de prévenir une coalition générale des puissances copartageantes, peut-être aussi de mettre en conflit la Prusse et l'Autriche, de renouveler la rivalité des temps de Marie-Thérèse et de Frédéric II.

Il n'est pas étonnant que l'Autriche ait deviné ces calculs et qu'elle y ait refusé sa participation. « M. de Stadion, écrivait Andréossy à Talleyrand, est réfractaire à l idée de l'échange de la Gallicie contre une province dont l'état de fait actuel n'est dû qu'à la force des armes. Le cabinet de Vienne temporisera et évitera de se mettre à découvert vis-à-vis d'aucune des puissances du continent avec qui il était lié, sinon de fait, du moins d'intention -. »

Andréossy essaya encore d'inquiéter le gouvernement de Vienne sur les agissements russes en Turquie, sur l'invasion de la Moldavie, Il n'eut pas plus de succès. Stadion lui répondit qu'il était absolument tranquille sur les intentions de la Russie dans la région du Danube, que d'ailleurs la conservation de l'intégrité de l'empire ottoman n'était pas d'une assez grande importance pour la maison d'Autriche pour qu'elle

1. Aff. Étr., Corr. de Vienne, vol. 379, f"* 4^8, 4^3. — Corr. de Napoléon, XIV, 5.

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