Afl. Etr., Corr. de Vienne, vol. 379, f
Dbiallt, — ïilsit. 5
66 lÉNA. BERLIN
dût s'engager dans une guerre, surtout après les malheurs qu'elle avait éprouvés l'année dernière ; qu'elle était hors d'état de rien entreprendre, qu'elle avait besoin de se réparer et de se maintenir par la sagesse ^ . »
Il fut impossible d'obtenir de l'Autriche autre chose que des assurances pacifiques et des protestations de neutralité, Andréossy reçut l'ordre de ménager M. de Stadion, de s'accorder le mieux possible avec lui, de le surveiller de près, et d'écrire tous les jours.
L'Autriche était incontestablement malveillante, mais elle restait indécise, soucieuse avant tout de ne pas attirer sur elle la tempête. Aussi refusait-elle de s'engager d'autre part dans l'alliance de la Russie, et la mission de Pozzo di Borgo en ce sens, en ce même mois de décembre, n'eut pas plus de succès que les instances d' Andréossy en sens inverse \ Elle suivit les événements avec une sorte d'angoisse, « les yeux fixés sur le théâtre des opérations » , Elle envoya le baron de Vincent au quartier général français, en apparence pour se prêter aux propositions de l'Empereur, en réalité pour mieux observer, pour mieux renseigner, pour sauver peut-être l'Autriche de quelque formidable choc en retour. Mission d'une délicatesse infinie que nous retrouverons au cours de notre récit.
Pour le moment, comme l'observait Andréossy, l'Autriche demeurait dans l'indécision, ce qui valait pour la France avantageuse inaction, dans des circonstances oii son action eût pu être aussi redoutable que celle de la Prusse avant Austerlitz ^.
Mais en fait Napoléon s'enfonça en Pologne avec l'armée autrichienne sur son flanc droit.
I. Aif. Etr., Corr. de Vienne, vol. 379, H 482, 496. 3. Cf. pour la mission Pozzo di Borgo, A. Vandal, Napoléon et Alexandre, I, 18-19.