Cf. M. Handelsman, Sg
« révolutionner » la Pologne ; il en venait lui-même à redouter les mouvements révolutionnaires, où en effet son autorité, même impériale, eût pu être débordée. Et ainsi une solution pouvait se recommander à lui : reconstituer la Pologne au profit de la Russie. Il eût par là donné satisfaction au principe des nationalités, gagné Talliance intime de la Russie intéressée à rester unie avec la France pour contenir la Prusse et l'Autriche; il eût consacré par cette alliance la grandeur nouvelle de la France dans ses vraies frontières, comme jadis, en organisant l'Allemagne à droite du Rhin sous Ihégémonie prussienne, il eût pu attacher définitivement à son système le gouvernement de Berlin.
Mais Napoléon voulait pour lui-même la Pologne comme TAllemagne, abattre la Russie après l'Autriche et la Prusse, atteindre FOrient.
Il donna donc quelques encouragements aux Polonais. Il voulut avoir Kosciusko auprès de lui : « Faites venir Kosciusko, écrivit il à Fouché dès le 3 novembre ; dites-lui de partir en diligence pour venir me joindre et sous un autre nom que le sien... Donnez-lui tout l'argent dont il aura besoin '. » Kosciusko ne vint pas en diligence ; il voulait des garanties de la part de l'Empereur : « Ne pense pas, disait-il un peu plus tard à vmami, qu'il va restaurer la Pologne; il ne pense qu'à soi-même; il déteste foute grande nationalité et plus encore l'esprit d'indépendance. C'est vm tyran, son seul but est la satisfaction de sa propre ambition. Il ne créera rien de durable, j'en suis sûr. » Napoléon insista ; Kosciusko posa nettement ses conditions ; il demanda que l'Empereur promît par écrit et publiquement : i° que le gouvernement de la Pologne serait organisé comme celui de l'Angleterre ; 2° que les paysans seraient libres et propriétaires des terres sur lesquelles Is travaillaient; 3° que les frontières du royaume rétabli