‹ Napoléon et l'EuropeChapitre 53 sur 235 · Afif. Étr., Corr. de Prusse, vol. 240, f · texte numérisé non relu

Afif. Étr., Corr. de Prusse, vol. 240, f

EïLAlf. BARTENSTEBS 99

sentait avec un faux air d'ultimatum de toutes les puissances par l'organe du gouvernement prussien, c'était que la Prusse se refusait à une négociation séparée; et, sans connaître les propos de Bartenstein, Napoléon put juger la situation assez délicate... Mais aussi il vit bientôt qu'il y avait dans les proposi'ions matière à des discussions préparatoires assez longues pour lui permettre de réparer toutes les pertes subies à Eylau et d achever le siège de Danzig.

Ce fut sa tactique, heureux que les puissances ne fussent pas encore prêtes à l'action et conscient que leur entente était mal assurée et beaucoup moins parfaite que ne voulait le faire croire la letîre du roi Frédéric-Guillaume.

Il ne fit répondre à la proposition d un congrès général qu'à la fin de mai, par Talleyrand s'adressant au baron de Vincent, car c'est 1 Autriche qu'il s'agissait toujours de tenir écartée de la coalition en gestation : a Sa Majesfé, écrivait Talleyrand, invitée à faire connaître sur quelles bases il lui paraissait que les négociations dussent s'ouvrir, n'a point fait difficulté de déclarer sur-le-champ qu'elle était prête à faire pour les allii's de l'Angleterre et de la Russie ce que ces puissances feraient pour les siens, de sorte qu'il y eût égalité et réciprocité entre les deux masses belligérantes V »

Cela n'était ni décisif ni compromettant. Cela donnerait encore quelques semaines de répit. Dès lors Napoléon était tiré d'embarras ; les pires conséquences que l'on pouvait attendre de la bataille d Eylau étaient parées ; la belle saison s annonçait ; Danzig se rendait, 26 mai. Encore un peu de temps, et l'on pourrait hâter et trancher d'un coup d'épée ces négociations laborieuses.

Cependant les causeurs de Memel et Bartenstein cherchaient à s'entendre avec leurs alliés présomptifs, à faire la coalition annoncée.

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