S. Tatistcheff, iSg : Budberg à Razoumowky, 28 juin
L\ VEILLE DE TILSIT iSg
site de connaître Napoléon et ses desseins, le vague espoir d'un large arrangement franco-russe sur les affaires d'Orient, peut-être d'un partage turc, d'une solution à ce problème du projet grec qu'avait posé Catherine II; comme elle, l'Empereur des Français avait une grande largeur de vues ; la Russie y pourrait trouver son compte.
En tout cas, il était sage de se plier aux événements et de voir quelles conséquences le vainqueur en prétendait tirer.
Cependant le quartier général de l'armée russe se retirait de Tilsit sur Tauroggen, parmi les nouvelles du désastre plus tristes d heure en heure. Budberg, cramponné encore un temps à sa politique antérieure — on n'aime pas à s'être trompé — , conseillait de continuer Bartenstein, de resserrer l'accord avec la Prusse, mais d'emmener Frédéric-Guillaume à Yilna, Memel désormais n'étant pas sûr.
Et, comme dans ce désarroi, il était surtout urgent de sauver ce qui restait de l'armée, l'empereur Alexandre autorisa Bennigsen à négocier un armistice, mais en son nom seulement ; il lui fit porter ses ordres par le général prince Lobanof et le conseiller Popof .
Le prince Lobanof avait de l'empereur les instructions suivantes :
« Tâcher de conclure un armistice d'un mois, pendant lequel les troupes respectives conserveraient leurs positions actuelles ; ne pas proposer de négociations pour la paix ; mais si les Français venaient à exprimer les premiers le désir de mettre fin à la guerre, leur répondre que l'empereur Alexandre désire aussi la pacification ; et dans le cas où les Français demanderaient s'il a des pouvoirs pour négocier, exhiber le plein pouvoir signé par l'Empereur \ »
En arrivant au camp russe, Lobanof et Popof purent constater la misérable situation de l'armée, et la nécessité d'un