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I. Dmowski, La question polonaise, Paris, 1909, in

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de sa chancellerie, et le baron de Budberg rédigeait de son côté pour Lobanof des instructions moins hardies et moins originales ; on y retrouvera l'invincible défiance des Russes à regard de la politique napoléonienne, et cette tradition se devait reprendre dès le lendemain de Tilsit.

Ce programme de Budberg comportait essentiellement la reconstitution de la Prusse, autant que possible telle qu'elle était avant léna, sans aucune allusion à une annexion de la Bohême qui ne pouvait qu irriter à jamais l'Autriche ; la Prusse refaite devait être rigoureusement tenue à l'écart de la Confédération du Rhin.

Il n'y était point question de porter la frontière russe à la Vistule, car on ne voulait point mutiler la Prusse ; on lui prendrait seulement le district de Memel, sur la rive droite du Niémen, et même on lui donnerait en compensation les villes Hanséa tiques.

Que si l'on demandait quel profit l'Empereur des Français garderait donc de ses victoires d'Iéna et de Friedland, il devrait être content de la dissolution de la coalition et de la reconnaissance des conquêtes qu'il avait antérieurement faites, de ses titres d'Empereur et de roi d'Italie ; encore cet article admettait-il quelques réserves.

« Le titre d'Empereur des Français ayant été décerné à Bonaparte par la nation, il n'y aurait aucun inconvénient à le reconnaître comme tel. Pour celui de roi d'Italie, il semble qu'il faudrait articuler plus précisément ce qui se comprend aujourd'hui sous la dénomination de royaume d'Italie, pour ne pas sanctionner d'avance et implicitement l'incorporation des Etats du pape et du royaume d Etrurie. Pour la Ligue du Rhin, les rois de Bavière, de Wurtemberg, de Saxe, de Hollande, etc., quelque douloureux qu'il puisse être de reconnaître toutes ces innovations destructives de l'ordre de choses qui a subsisté jusqu'ici, il faudra bien en passer par là, s'il est une fois décidé qu^ il faut faire la paix,

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et quant à la reconnaissance du roi Joseph, elle sera subordonnée aux indemnités à demander pour le roi Ferdinand * . »

Tout de même, notons en passant qu'il n'était pas question de ramener la France à ses « anciennes limites ».

Mais Alexandre s'était arraché définitivement à cette politique étroite et haineuse ; il avait hâte devoir le conquérant, avec la secrète ambition, peut-être, de le conquérir, de l'employer à la grandeur de la Russie. En ratifiant l'armistice, il écrivit à Lobanof : « Vous exprimerez à l'empereur Napoléon combien je suis sensible à tout ce qu'il m'a fait dire par votre organe, et combien je désire qu'une union étroite entre nos deux nations répare les maux passés. Vous lui direz ^ que cette union entre la France et la Russie a été constamment l'objet de mes désirs et que je porte la conviction qu'elle seule peut assurer le bonheur et la tranquillité du globe. Un système entièrement nouveau doit remplacer celui qui a existé jusqu'ici, et je me flatte que nous nous entendrons facilement avec l'empereur Napoléon, pourvu que nous traitions sans intermédiaires. Une paix durable peut être conclue entre nous en peu de jours. »

C était demander une entrevue, et le tsar, accompagné du roi de Prusse, s'approcha déjà jusqu'au village de Pictupœnen, à quelques kilomètres de Tilsit. Le 24 juin, Duroc vint lui offrir, de la part de Napoléon, une entrevue à Tilsit pour le lendemain. La chose fut aussitôt convenue : Alexandre et Napoléon avaient le même désir de se voir.

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