LA RÉVOLUTION DE CONST AN TI> OPLE
Ce même 24 juin, Napoléon écrivait au général Lemarois, gouverneur de Varsovie : « Faites mettre dans les journaux de Varsovie la nouvelle suivante :
« Une révolution a eu lieu à Constantinople. Le sultan Sélim et douze des principaux de la Porte ont été égorgés par les janissaires. Le sultan Moustafa a été mis sur le trône. La cause de cette insurrection du peuple vient des progrès des Serviens et du peu d'énergie dont les janissaires se plaignent de la part du gouvernement. Ils accusaient les ministres de s'entendre avec les Serviens et les Russes. Le nouveau sultan a proclamé qu'il ne ferait point la paix avec les Russes que les anciennes frontières ne soient rétablies et la Crimée reconquise.
« L'armée du grand vizir a passé le Danube, le i*"" juin, à Silistrie.
« Michelson s'est retiré en toute hâte, et Bucharest, et toute la Valachie a été reconquise. Les affaires des Russes vont au plus mal. L'armée du grand vizir est forte et paraît bien animée. »
Et la lettre impériale se terminait ainsi : « Le journaliste peut dire que ces nouvelles sont officielles et certaines ^ »
Cette dernière formule n'était pas superflue ; ce n'était pas là les vrais caractèi^es de la révolution de Constantinople ; mais Napoléon avait peur qu'elle n'eût été dirigée contre l'influence française à Constantinople, à laquelle le sultan Sélim avait été dans les derniers mois tout dévoué.
EUe avait des causes plus profondes ; eUe était essentiellement une réaction des partisans de l'ancien régime, contre