‹ Napoléon et l'Europe, fragments historiquesChapitre 101 sur 139 · LIV. III, CHA.P. II · texte numérisé non relu

LIV. III, CHA.P. II

Versailles , les mouvements de Paris , le retour aux Tuileries, les massacres , les cris de la multitude , ces signes de meurtres qui partout frappaient ses regards, quel spectacle pour un enfant ! quelles sensations pour un jeune cœur ! Au I o août , la mort plana sur sa tête ; elle en sehtit toutes les horreurs ; elle évita les débris du trône , qui menaçaient de l'écraser : mais on ne lui laissa la vie que pour lui donner des fers, une prison , des geôliers. Des fers à la fille d'un roi , d'un roi de France ! Voilà donc cette couronne dont l'éclat efface toutes les autres ! voilà donc ce magnifique palais, ces serviteurs attentifs ! O destinée ! Cependant ce n'est là que le prélude de maux plus grands encore. L'ange ' de la mort aiguise son glaive, et menace la tête royale : le père est arraché des bras de sa fille , des bourreaux l'entraînent à l'échafaud. En estce assez ? non : il restait une mère , et sa tête roule sur la poussière. L'orpheline n'a plus qu'une amie , et son sang rougit lé fatal billot.

Coulez , larmes ; vous ne tarirez pas !

Les jours, les mois, les années , s'écoulaient , et la princesse était toujours captive ; elle consumait ainsi ses plus beaux jours. Cependant elle n'était plus considérée que comme otage. Le moment de Tédiange arriva , ses verrous furent

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brisés ; elle a quitté cette terre de deuil , elle a retrouvé Tépoux qui lui était destiné : mais , er« rautQ de climat^ en climats, elle fut long-temps sans connaître le repos. Enfin une suite d événements la ramenèrent dans sa patrie , sur ce trône où elle reçut le jour. Elle priait sur la cendre de ses pères , lorsqu'il fallut partir encore , et chercher un port sur le sol étranger. Aujourd'hui ses peines sont oubliées , excepté celles qui sont étemelles.

Le duc d'Angouléme arriva à ISfîmes le 12 mars; il y réunit quelques régiments de ligne et forma quelques bataillons de volontaires royaux du Languedoc.

Son intention était de marcher sur Lyon , en même temps que les Marseillais marcheraient sur Grenoble. Le prince passa le Rhône au Saint- £spri|t , enleva le pont de la Drôme aux gardes nationales , entra dans Valence , et fit établir ses avant-postes sur la rive gauche de Tlsère ; mais les mesures qui furent prises pour mettre Lyon à l'abri d'un coup de main obligèrent le prince à se retirer sur le Saint-Esprit.

D'un autre côté, les troupps de ligne qui marchaient avec les lieutenants du prince ne purent se résoudre à combattre leurs camarades , qui déjà étaient sous les bannières impériales.

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D'anciens souvenirs se réveillèrent prompte*

ment ; les généraux eux*mêmes suivirent l'exem*

pie du soldat : une force irrésistible les entraînait.

Le général Âmbert commandait la division militaire à Montpellier , le général Briche com* mandait la subdivision de Nîmes.

Le général Gilly avait quitté Nîmes en même temps que le duc d'Angoulême, et s'était retiré à sa terre de la Vernède , au-dessous d'Avignon»

Le général Ambert fit reconnaître le gouver* nement impérial le 2 avril ■ à Montpellier. Cette

Le lieutenant - général conimaadant la 9"** diyisioa militaire,

Considérant Fëtat d'abandon dans lequel on nous a laissés depuis plus de huit jours de toutes nouvelles de la capîlale et de l'intérieur de la France , et l'abus que les malveillants font journellement de la cessation de ces communications;

Considérant que depuis les rapports qu'il a reçus, la plus grande fermentation régne dans les esprits et se propage ^ d'un moment à l'autre , d'une manière effrayante ; qu'après avoir maintenu de tous ses moyens la discipline parmi les troupes sous ses ordres , et leur fidélité au gouvernement , il est informé qli'on s*agite en tous sens pour les désorganiser et les forcer à la désertion ; que depuis le départ du roi de la capitale tout cède à la force dés circonstances ; que lo peuple et l'armée se rallient au gouvernement impérial;

CoiMidéi*an( que l'indécision , dans ces moments de crise ,

3âO ITAPOIiiON £T L EUROPE.

nouvelle transpira à Nîmes le lendemain 3. Les officiers rassemblés à la Fontaine discouraient sur ce changement , lorsque l'un d'eux tira son épée et cria , Vwe V empereur ! Ce cri fiit à l'instant répété par tout le groupe et par le 63* régiment qui était à la caserne.

Les officiers , qui supposaient que le général Briche avait reçu Tordre du jour du général

pourrait amener des résultats désastreux pour la division , et entraîner le midi de la France dans une guerre civile qui ne produirait que des malheurs particuliers, et qu'il est d^ devoir de tout bon Français d'éviter; et qu'aucun de nous n'a pris ni n'a pu prendre l'engagement de verser le sang français par des mains françaises;

Considérant que ces résultats avaient été prévenus jusqu'alors. par le* bonnes dispositions des autorités civiles et la contenance des troupes^ et qu'il serait impçssible de les

arrêter plus long- temps par l'exaspération des partis, et les nouvelles qui arrivent de toute part ;

Que les actes du gouvernement impérial qui lui sont parvenus cette nuit , celui du i5 mars , qui ordonne que la

cocarde nationale sera portée par les troupes de terre et de ^ mer , et par tous les citoyens ; celui du 21 mars , qui licencie les corps de gardes nationales mises en activité ;

celui du a3 mars, pprtant que les ordonnances du ix mai, i5 mai , 9 juin et lo septembre , relatives à la création d'un état-major des gardes nationales de la France, et celle du 16 juillet , qui détermine les attributions de cet état-major , sont annulées, ainsi que toutes les ordonnances portant no-

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