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LIV. III, CHAP. II

pour l'engager à prendre le commandement. Il reçut aussi une dépêche du général Ambert , qui lui faisait la même demande. Le général Gilly refusa ; mais on lui représenta que son refus pouvait avoir des suites fâcheuses, attendu que la diversité d'opinions politiques et religieuses pouvait amener une sédition si le pays était privé d'un chef qui pût maintenir l'ordre. Ces craintes étaient fondées : le général céda. Il se rendit à Nimes dans la soirée du 5 avril ;

bons : cet élan s'est prononcé en sens contraire , etrempereur a été rétabli sur le trône sans contestation.

Demain vous recevrez la délibération du conseil général du département de l'Hérault , et l'arrêté du préfet de ce département avec la proclamation qiii a reconnu le gouvernement impérial. Yous recevrez en même temps les proclamations et les dércets de l'empereur , extraits du bulletin des lois , que le préfet fait imprimer.

Je conserverai toujours la plus profonde vénération pour la famille des Bourbons : vos sentiments sont sans doute les mêmes que les miens y et si jamais nous étions dans le cas d'en donner des preuves , nous en saisirions l'occasion avec empressement. Mais si la position des choses ne nous permet pas de faire verser , sans nécessité , le sang français , vous saisirez au moins, comme je le ferai moi-même , l'occasion de témoigner $iux princes de cette famille le respect que nous leur portons.

Recevez y etc.

Le lieutenant-général commandant la 9™* division militaire y Ambsrt.

ai.

3^4 NAPOLisoir ET l'europe.

il y trouva les ordres du ministre d§ la guerre. Il prit le commandement le 6 avril, et Tannonça par un ordre du jour.

Le général Ambert avait fait mettre la ville en état de siège : il avait envoyé sur les derrières de l'armée roj^ale un détachement composé du i o* de chasseurs à cheval, du 1 3* d'infanterie, et d'une compagnie d'artillerie , sous le commandement provisoire du colonel Saint-Laurent.

Le général Gilly quitta Nîmes le 7 avril , et alla coucher à Uzès. Cette ville avait été abandonnée de ses magistrats , et l'on craignait d'y voir éclater des désordres inséparables d'un tel état de choses. Il rétablit la confiance et le calme.

Le général Gilly reçut dans la matinée du 8 avril une ordonnance du colonel Saint^Laurent, qui lui annonçait qu'il occupait le Saint-Esprit, et que M. le général d'Aultane , chef d'état-major de l'arniée de S. A. R. le duc d'Angoulême, était venu lui proposer des arrangements. Le général Gilly se rendit aussitôt au Saint-Esprit, où il prit connaissance d'une convention qui avait été préparée , et qu'il accepta ; si ce n'est qu'il désira que le princ^ se retirât par Cette au lieu de Marseille.

M. le baron de Damas vînt alors de la part du prince pour s'expliquer sur le point en dis-

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cussion : il fut définitivement convenu que Tem* barquçment se ferait à Cette.

Le général Gilly profita de quelques changements demandés par le prince dans la rédaction de la convention pour ajouter un dernier article, portant que « la convention serait tenue secrète jusqu'à ce que le prince eût quitté le territoire français. » M. le baron de Damas consentit à cette addition, mais probablement sans en con-» naître les motifs ni Timportance.

COTTVEWTIO'ir.

S. A. R. monseigneur le duc d'Angoulême^ commandant en chef Tarmée royale du Midi, et M. le général de division Gilly, commandant en chef le premier corps de Tarinée impériale , pénétrés de la nécessité et du désir d'arrêter l'effusion du sang français , ont chargé de leurs pleins pouvoirs pour régler les articles d'une convention qui puisse assurer la tranquillité du midi de la France, savoir : Son altesse royale, M. le baron de Damas, maréchal de camp, souschef d'état-major général; et M. le général Gilly, M. l'adjudant commandant Lefebvre, chevalier de la Légion d'honneur, chef d'état-majordupremier corps d'armée; lesquels, après avoir échangé leur$

3a6 napoliéon'et l'edrope.

pouvoirs respectifs , sont convenus des articles suivants.

. Art 1 •'. L'armée royale est licenciée , les gardes nationales qui en font partie, sous quelque dénomination qu'elles aient été levées , rentreront chez elles , après avoir déposé les armes. Il leur sera délivré des feuilles de route pour rentrer dans leurs foyers, et M. le générai de division , com- /)OQandant en chef, leur garantit qu'il ne sera jamais question de tout ce qui a pu être dit ou fait relativement aux événements qui ont eu lieu avant là présente convention.

Les officiers conserveront leur épée ; les troupes de ligne qui font partie de cette armée, se rendront dans lès garnisons qui leur seront assignées.

a. MM. les officiers généraux , officiers supérieurs d'état-major et autres de toute arme , les chefs et employés de toute administration, dont il sera fourni un état nominatif à monsieur le gé- ^néral en chef, se retireront dans leurs foyers, en attendant les ordres de sa majesté l'empereur. . 3. Les officiers de tous grades qui voudraient donner leur démission sont libres de le faire ; il leijr sera accordé de suite des passe-ports pour rentrer dans leurs foyers.

4- Les caisses de l'armée et les registres du payeur général seront remis de suite aux commis-

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s^res nommés à cet effet par monsieur le général commandant en chef.

5. Les articles qi-dessus sont applicables aux corps commandés par monseigneur le duc d'An** gouléme en personne, et à tous ceux qui agissent séparément sous ses ordres ^ et qui font partie de Fanmée du Midi.

6. S. A. R. se rendra en poste au port de Cette , où les bâtiments nécessaires pour elle et sa suite seront disposés pour la transporter partout où elle voudra se rendre* Des postes de l'armée impériale seront placés à tous les relais pour protéger le voyage de S. A. , et il lui sera rendu partout les honneurs dus à son rang, si elle le désire.

7* Tous les officiers et autres personnes delà suite de S. A. qui désirent la suivre auront la faculté de s'embarquer avec elle , soit qu'ils veuil* lent partir de suite, soit qu'ils demandent le temps nécessaire pour arranger leurs affaires particulières*

8. Le présent traité restera secret jusqu*à ce que S. A. oit quitté le territoire de ï empire.

Fait en double expédition , et convenu entre les chargés de pouvoirs ci-dessus désignés , le huitième jour d'avril, de Tan i8i5, sousl'approbar.

328 3srA.POL:Éoir et l'europe.

tion de M. le général commandant en chef ^ et ont signé ,

' Au quartîer-gënëral du Pont-Saint- Esprit , les jour et an ci «dessus ,

L'adjudant commandant , chef d'ëtat-major du premier corps^ d'armée impériale du midi,

Signé Ljefebtre.

Le maréchal de camp j sous-chef d'ëlat-ma jor général ,

Signé le baron de' Damas.

Approuvé la présente convention par le général de division commandant en chef Tarmée impériale du Midi.

Signé GiLLT.

Après la signature de cette convention , il fut convenu que le prince partirait de la Palud, le lendemain 9 avril , à huit heures du soir. Le général Gilly expédia un courrier au général Ambert , et le prévint que le prince arriverait à Cette le 10, entre six ou sept heures du matin, qu'il eût en conséquence à faire préparer sans retard Tembarcation de son altesse et de sa suite.

A la fin de tous ces arrangements , M. de Damas fit tomber la conversation sur l'état financier du prince , et donna à entendre que son altesse était peinée de n'être pas en mesure de gratifier quelques uns de ses officiers qui se croyaient dans

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