‹ Napoléon et l'Europe, fragments historiquesChapitre 104 sur 139 · LIV. III, GHAP. lu · texte numérisé non relu

LIV. III, GHAP. lu

la nécessité de quitter la France. « Mais alors, dit le général Gilly, pourquoi le prince ne disposet-il pas des 25o,ooo francs que vous m'avez, ce matin, déclaré être dans la caisse de l'armée? — Le prince connaît les informations que je vous ai données à cet égard, répondit M. de Damas, il ne voudrait pas que ma parole , que dans cette circonstance il regarde comme la sienne, se trouvât en défaut. — Mais, répliqua le général Gilly, personne autre que vous et moi ne connaît cette particularité, et le prince peut bien disposer de la somme , en substituant dans la caisse des ordonnances d'une date antérieure. — M. de Damas rendit compte au prince de la proposition du général , et revint dire à ce dernier que le prince l'avait agréée , que son altesse avait été très sensible à ce procédé, et que dans l'occasion.:.. '. :> . J'ai dit que M. de Damas avait consenti l'art. 8 de la convention $ans en connaître l'importance : en effet , il ne fit aucune observation sur cette addition, et rien de sa part n'annonça qu'il en comprit la nécessité. Cependant les ordres donnés aux généraux portaient formellement de faire prisonnier^e duc d'Angoulême et sa suite; et si l'on

« Les ordres donnes aux généraux portaient expressément de faire rentrer tous les fonds qui pourraient se trouver dans les caisses de l'armée royale.

33o MAPpiiiéoN ET l'euhope.

ne voulait pas qu'il y eût des obstacles au départ du prince , il fallait qu'il fut parti de la Palud et embarqué avant que la convention fut connue.

Cela était possible, car il n'y a qu'une journée de poste de la Palud à Cette. Le prince devait arri- Yer à Cette le i o à six ou sept heures du n^atin ; des ordres avaient été donnés pour préparer une embarcation» et tout eût été consommé avant que la convention eût été connue. Le général Gilly avait expédié cette convention au ministre de la guerre par un aide-de«^^camp, le 9 avril; mais eûtil choisi la voie télégraphique , que le point de départ étant Lyon ^ la dépêche ne serait arrivée i Paris que dans la matinée du i o , après l'embarquement Qu'importait alors que la convention fût ou non approuvée? On n'avait point k craindre que le zèle trop ardent de quelques hommes rendit inutiles toutes les précautions prises pour la sûreté de son altesse royale*

Mais, à quelques lieues du Saint-Esprit , Taide^ de*camp du général Gilly fut arrêté par le général Letellier , et conduit devant le général Grouchy, qui arrivait dé Lyon, Ses dépêches lui furent enlevées, elles furent ouvertes. Le général Groudiy en expédia lui-même la substance, et se rendit au Saint-Esprit, accompagné des généraux Corbineau et Pire. U se présenta chez le général

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Gilly, auquel il annonça qu'une partie de ses troupes devaient arriver la nuit suivante , et qu'il fallait faire préparer deis logements et des vivres. Le général Gilly répondit que la marche de ces* troupes serait sans doute suspendue , et il an* nonça la capitulation, c Votre aide-de-camp a été arrêté, dit le général Grouchy, j'ai ouvert votre dépêche au ministre de la guerre , je connais votre arrangement, mais vous ne pouvez le tenir. J'ai des instructions de l'empereur : elles ne me permettent pas d'approuver ce que vous avez fait'.-^ Je n'ai pas besoin que vous l'approuviez, répondit le général Gilly, mais laissez la chose se faire ; vous devriez vous trouver heureux de n'y être pour rien. Si l'empereur est mécontent, c'est sur moi que tomberont les reproches. — Non, non, poursuivit le général Grouchy, vous seriez trop exposé; et d'ailleurs voici l'aide-de-camp de l'empereur, il le représente ici » Un général fit alors observer que l'armée du général Grouchy n'était

pas liée par la convention

Pendant ces débats, qu'il ignorait, le prince arriva au Saint-Esprit, et descendit chez le maire,

* LcB înstructîona du gënëral Grouchy > comme celles des autres généraux , portaient de manœuvrer de manière à couper toute retraite au prince , et particulièrement tout moyen de coBunumquer avec la mer; de le faire prisonnier, ete.

OU un logement lui avait été préparé. Sa maison fut entourée par une garde, et son altesse apprit que le général Grouchy, ne se croyant pas lié par la convention, ne, voulait pas la reconnaître avant d'avoir pris les ordres de Napoléon.

Le général Grouchy était à Montélimar lorsqu'il ouvrit la dépêche du général Gilly au ministre de la guerre , il en fit une autre , qui fat transmise par le télégraphe. Elle arriva à Paris dans la journée du dix auril, et fut de suite rendue publique et publiée le lendemain onze dans, le Moniteur et dans ces termes :

Paris ) 10 avril 181 5.

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