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poste qu'ils regardaient comme leur apanage '.
Cependant Napoléon avait fait porter des paroles de paix aux puissances étrangères. Il avait déclaré qu'il observerait le traité de Paris, et qu'il garderait la France telle qu'on l'avait laissée. Mais déjà, à la nouvelle de son débarquement, le congrès de Vienne lui avait juré une guerre à mort Sa voix ne fut pas entendue ; il fallut qu'il se préparât à combattre. Il était menacé par toutes les puissances de l'Europe , qui amoncelaient de nouveau sur la France les masses qui l'avaient accablée un an plus tôt.
Dans ces circonstances impérieuses. Napoléon fit tout ce que l'on pouvait attendre de son génie inventif et de sa prodigieuse activité. Des ateliers s'élevèrent partout, et il en sortît une 4nasse considérable d'armes et de munitions. Les vieux soldats retournèrent à leurs rangs, les jeunes gens , les gardes nationales accoururent sous les drapeaux. Mais le temps manqua, et les puissances huhiaines ne lui commandent pas. Malgré ses efforts, Napoléon ne put jouir de toutes ses ressources.
Cependant la guerre était imminente, et il s'en
' Il est juste de dire que plusieurs personnages du conseil de Napoléon lui firent de vives représentations y et cherchèrent à empêcher la promulgation de cet acte impolitique.
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fallait de beaucoup que Tarmée française fût aussi nombreuse que l'année alliée. Encore futon obligé de la diviser pour garder la ligne du Rhin , le Jura, les Alpes, les Pyrénées. Fouché, que Napoléon avait si mal à propos appelé au ministère de la police, inspira, par de fauxrap» ports , des craintes sur la Vendée ; il détermina l'envoi dans ce pays de deux divisions, qui eussent été si nécessaires à la grande armée ! Ainsi forcé de disséminer ses forces. Napoléon avait à combattre une armée triple de la sienne, et soutenue par des masses énormes arrivant de la Russie et de l'Allemagne.
L'armée française s'était approchée des frontières de la Belgique, où s'étaient concentré 2es Anglais et les Belges , les Prussiens et les Saxons. Les Belges, qui naguère marchaient dans nos rangs , et qui s'étaient formés à l'école du grand capitaine; les Saxons, que Napoléon avait élevés au premier rang des nations , et qui payèrent ce service à la journée de Leipsick en chargeant nos colonnes qui défendai^ent leur patrie.
Napoléon, parti de Paris le 12 juin, était le 1 5 à la tête de cette armée qu'il avait guidée dans cent batailles rangées. Sa présence annonça, la victoire ; le soldat brûlait d'en venir aux mains, tant
M confiance était grande. lies voilà, disait^l, ces
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hommes que nous avons vaincus pendant vingtcinq ans ; les éléments ne viendront pas à leur secours ! Ils osent provoquer les tonnerres dlena et de Friedland : malheur à eux/ marchons!
C'était le i5 juin, Tarmée se porta en avant, et refoula sur leur ligne les corps qui voulaient s'opposer à son mouvement. Le lendemain Na-poléon reconnut la position deTenneroi, présentant une force de quatre-vingt mille hommes.
Soixante mille Français étaient en ligne de bataille: l'attaque est ordonnée malgré cette différence, et la désertion de quelques officiers supérieurs, qui portèrent au maréchal Blucher les plans de leur chef. Napoléon avait promené ses regards d'aigle sur le terrain , rien ne lui avait échappé, et se retournant vers ses lieutenants: « L'armée prussienne est prise en flagrant délit, » dit-il; si mes ordres sont bien exécutés, il ne » s'échappera pas un seul canon, et il se peut que » dans trois heures le sort de la guerre soit décidé. * Ces prédictions s'étaient toujours vérifiées, et tout annonçait que cette fois encore l'oracle ne serait point en défaut ; mais il y eut à l'aile gauche des tâtonnements, des hésitations. Le brave des braves, le héros d'Ëlchingen et de la Moskowa, la maréchal Ney enfin , autrefois si vif, si bouillant , soit que ses ordres ne fussent pas assez pré«