‹ Napoléon et l'Europe, fragments historiquesChapitre 125 sur 139 · LIV.. III, CHAP. VI · texte numérisé non relu

LIV.. III, CHAP. VI

qui inspire phis l'amour de la démocratie que Cicéron, Tacite, Tite-Live, etc., etc. Ce sont pourtant leurs ouvrages que l'on donne à la jeunesse , et qu'on la force d'apprendre et de retenir dans l'âge où les impressions sont si vives! L'au* torité ne s'est pas encore avisée de les proscrire; pourquoi? pârceque ce serait ridicule , et que l'on ne veut pas être ridicule.

Puisque j'ai cité Cicéron , je parlerai de sa République. Cet ouvrage est tout frais ; il semble écrit d'hier. Si celui qui a découvert le manuscrit eût simplement publié sa traduction sans en citer la source, il eût été condamné; mais c'est un vieil auteur, il porte son passeport. Il faudrait donc quelque Brotier ou quelque Freinshemitis , qui écrivissent en langue latine avec de l'encre pâle sur quelques vieux lambeaux de parchemin.

Dans un gouvernement absolu tout est esclave, depuis le plus petit jusqu'au plus grand, pârceque le chef de Tétat est le maître, qu'il est au-dessus des lois , et que sa volonté n'a pas de bornes. Ce gouvernement ne souffre pas de contrôle: les écrivains ne peuvent parler des droits du peuple, ce serait une rébellion; les feuilles quotidiennes ne peuvent critiquer les actes du pouvoir, ce serait de l'opposition. A. quoi donc

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