‹ Napoléon et l'Europe, fragments historiquesChapitre 128 sur 139 · LIV. III, CHAP. VI · texte numérisé non relu

LIV. III, CHAP. VI

où les missionnaires commencèrent à parcourir la Francç, comme si la France eût été le Canada ou le Groenland , et les Français des Iroquois ou des 'Esquimaux.

En attendant que les changements projetés fussent opérés, les réformateurs devaient s'emparer de tous les emplois : car l'intérêt n'abandonne personne, pas même les gens qui se disent purs. On procéda à des épurations, on renvoya les libéraux pour placer les royalistes.

Qu'est-ce qu'un libéral? Le libéral est un citoyen qui aime son pays avant tout, qui veut le maintien de la charte ; et comme la charte n'existerait plus sans la royauté, le libéral est le citoyen qui veut la monarchie constitutionnelle. Mais ce libéral est un royaliste ? Sans doute , si par royaliste on entend un homme qui veut le règne des lois sur lesquelles repose le trône.

Mais les hommes qui se disent royalistes repoussent les doctrines libérales ? alors il est facile de savoir ce qu'ils désirent, c'est le pouvoir absolu.

Si le pouvoir absolu pouvait se rétablir, qui en profiterait en France? cent mille familles à peu près. Qui en soufirirait? trente millions d'hommes.

Ainsi ce serait pour satisfaire l'ambition d'une

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fraction imperceptible de la nation que Ton voudrait détruire le trçne constitutionnel, et ce changement ne pourrait s'opérer qu'en blessant au cœur trente millions d'hommes, c'est-à-dire toute la nation. Toute la nation se lèverait donc pour repousser par la force la spoliation de ses droits, et le gouvernement périrait au milieu de la lutte.

Mais si le trône constitutionnel était menacé , et que le prince fît un appel aux Français , tous répondraient à sa voix. Alors ils n'attendraient pas que la loi les commandât, ni que le budget fut voté pour remplir les caisses du trésor.

Il faudrait supposer bien de l'ignorance dans le gouvernement pour penser qu'il ne sait pas sous quelle bannière il doit marcher. Il faudrait qu'il fut bien ennemi de son repos ou du peuple, pour avoir conçu l'idée de réaliser les rêves de quelques ambitieux.

Cependant la chambre de 181 5, si intempestivement qualifiée de chambre introui^able , et sur laquelle reposaient tant d'espérances, fut dissoute^ Le mouveiïient rétrograde cessa. L'ordonnance du 5 septembre 1816, portant qu'aucun article de la charte constitutionnelle ne sera revisé , fut applaudie par toute la France^ Alors le gouvernenle;at se rapprocha des constî-

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