LIV. III, CHAP. VI
ensuite brûlé pour avoir volé des calices et des ciboires.
Charles L'Herbe, nourricier de bestiaux, eut la langue coupée , et fut brûlé vif en Grève , le 1 4 mars 1724 ^ comme atteint et convaincu de blas^ phèmes et impiété.
En 1 748 9 un individu d'Orléans fut condamné, par arrêt du parlement de Paris, à faire amende honorable, à avoir la langue coupée, et à être ensuite pendu pour avoir blasphémé contre le saint nom de DieUy V Eucharistie et la f^ier^e.
Un juif accusé davoir blasphémé contre la sainte Vierge fut condamné à être écorché. Des chevaliers masqués, le couteau à la main, mon*^ tèrent sur Féchafaud, et en chassèrent l'exécuteur , pour venger eux mêmes l'honneur de la sainte Vierge.
Le fameux arrêt qui a condamné en 1766 le jeune Labarre a été anéanti par décret de la convention du 26 brumaire, an IL Sa mémoire a été r^abilitée, et ses héritiers remis en possession de ses biens confisqués.
Aujourd'hui on ne blasphème plus le saint nom de Dieu, on n'attaque plus F honneur de la très sainte Vierge , sa mère, ni des saints *.
' Ordonnences des roi», et de Ixmîs XIV , 3o juillet r666.
4oO N-APOLÉON ET LEUROPE.
On n'arrache plus l'hostie de la main des prêtres , on Ti abat plus les croix ^ on ne déchire plus les images ', on ne fait plus de profanations en dérision de la messe, on ne brise plus les christs à coups d'épée; malgré l'indignité du siècle, on respecte la religion et les objets sacrés. On vole aujourd'hui comme on volait autrefois, parcequ'il y a de la misère et des malheureux aujourd'hui comme autrefois. Punissons donc les vo^leurs.
Les païens punissaient le sacrilège du dernier supplice: mais ils étaient païens ; mais leurs dieux qui , mâles ou femelles , descendaient sur la terre et partageaient les plaisirs sensuels et charnels des humains, devaient avoir les faiblesses humaines. Il fallait les venger , si l'on ne voulait pas qu'ils se vengeassent eux-mêmes de ceux qui ne les auraient pas vengés.
Cicéron savait à quoi s'en tenir sur, ces dieux, quand il disait : Que celui qui aura dérobé ou ravi de force une chose sacrée ou déposée dans un lieu sacré^ soit parricide. Que l'impie n'ait point l'audace d'apaiser par des dons la colère divine '. Il avait autre chose en vue que d'obtenir
' Édit de pacification de Charles IX , i^ février i56i .
* Sacrum, sacrove commendatum qui cleperit, rapsitqne,