‹ Napoléon et l'Europe, fragments historiquesChapitre 133 sur 139 · LIV. III, GHAP. YI · texte numérisé non relu

LIV. III, GHAP. YI

majorité de la nation; il est dès lors anti-pdtional: cependant on le dit monarchique. Y a-t-on bien pensé ? Qnoi ! une loi qui blesse les intérêts de presque tout un peuple est une loi monàrcI;iique !..... Mais Faristpcratie de la propriété sera établie; Taristocratie de la propriété s'alliera avec l'aristocratie des titres, et l'aristocratie remplira les collèges électoraux et la chambre des députés. Alors sans doute la monarchie sera forte; car que serait-ce que trente millions d'hommes pour la soutenir ?

Après le droit d'aînesse, nous aurons sans doute une loi sur l'état civil et quelques autres dont l'énumération serait trop longue. Je dis nous aurons une loi sur l'état civil , patce^u'il en est question depuis long -temps; mais ce serait le comble de l'imprévoyance. L'autorité administrative ni l'autorité judiciaire ne peuvent connaître des scrupules de l'église. Si la loi civile peut forcer ses agents à remplir les devoirs qu'elle leur impose, elle n'aura point d'action sur le .clergé, qui n'est pas sous son influence absolue. Quelles que soient les précautions que l'on prenne à cet égard, ces précautions seront toujours vaines; car le prêtre répondra : Comme dépendant de la loi civile , je dois faire ce que cette loi m'ordonne; mais comme

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dépendant de l'autorité ecclésiastique, je ne doiâ pas le faire. La loi civile ordonnera de procéder à la célébration d'un mariage; mais la loi de l'église le défendra; et le mariage n'aura pas lieu, parceque cette loi de l'église, qu'on ne connaîtra pas , l'emportera; parcequ'à défaut de lois , il y aura des considérations religieuses, des cas réservés, et mille autres empêchements qu'on ne pourra ni lever ni faire lever.

L'état civil peut être considéré comme le fondement de la société: si le clergé parvient à s'en saisir , il sera le maître de la France. Il y a sur

cela pour un an de réflexions.

Mais le clergé tenait autrefois les registres de l'état civil; il n'en est jamais résulté d'inconvénients graves. Cela peut être; mais nous ne som-» mes plus à autrefois; le. peuple n'est pas ce qu'il était il y a quarante ans, le clergé non plus. Il existe aujourd'hui une division d'opinions, de vœux et d'intérêts qui n'existait pas alors; il faut donc nous laisser des institutions conformes à nos mœurs actuelles, et ne pas.soiiger à ramener des usages qui n'étaient bons que pour les temps où les rois étaient sous la dépendance des succès^ seurs de saint Pierre, qui les excommuniaient et disposaient de leur couronne.

Ce n'est pourtant pas avec des lois seulement

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