‹ Napoléon et l'Europe, fragments historiquesChapitre 136 sur 139 · LIV. III, CHAP« VII · texte numérisé non relu

LIV. III, CHAP« VII

duit pas sans consommer ; Ton peut au contraire consominer . sans produire, mais alors il n^ a f>as de compensation.

Un homme qui a cent mille livres de rente en biens-fonds peut se ^contenter de les dépenser sans se livrer à aucune industrie. Cet homme consommera. Produira-t-il parcequ il fera travailler son carrossier, et qu'il lui dira: Je vous produis des écus, produisez-moi une voiture?

Non ; car il n'y a de- production utile que celle qui tend à augmenter la fortune particulière et publique ou k la maintenir.

Or un homme qui a cinquante mille livres de rente peut aussi affermer sa terre et se borner à son revenu ; de même celui qui n'a que vingt mille francs, dix mille francs , mille francs, cinq cents francs ; car tout dépend du rang que l'on veut tenir dans la société, et de la manière dont on veut ou peut vivre. Eh bien ! figurez- vous toutei les terres ainsi affermées et les propriétaires dans une oisiveté absolue. Dites si vous voulez que ces propriétaires produisent, mais dites aussi quelles seront et la position de leurs enfants et la richesse de l'état.

On dit bien qu'un employé produit! Il produit des écritures , mais les écritures ne sont bonnes à rien en économie : les administrations ne sont

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nécessités que par Tétat social ; elles lui sont à charge , et les charges ne sont pas des produits.

La terre ne donne par elle-même que les deux cinquièmes environ des revenus de l'état; le surplus est fourni par le peuple en produits.

Quelle est la portion à la charge de l'aristocratie dans la contribution foncière? Supposons à l'aristocratie un revenu de cent millions, c'est beaucoup. Si l'on paie à peu près le dixième de Àon revenu, l'aristocratie contribue aux charges publiques pour dix millions. En ne portant l'impôt foncier qu'à deux cent dix millions, le peuple contribue pour deux cents millions , et le revenu du peuple sera de deux milliards.

L'aristocratie est imperceptible ici.

Est-ce dans l'aristocratie que se trx)uve la force de l'état? Si l'oii peut prendre un homme sur vingt-cinq individus, l'aristocratie fournira à l'état une force de quatre mille hommes ; le peuple fournira dans la même proportion douze cent mille hommes '. Assurément le soutien de l'état n'est pas dans l'aristocratie.

Ce n'est pas tout que d'avoir des masses , il faut encore les conduire , les diriger. Mais les ta-

' On porte ici la population de la France à 3o,ooOy00o d'individus, et l'on suppose que l'aristocratie y est comprise pour un trois-centième.

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