‹ Napoléon et l'Europe, fragments historiquesChapitre 15 sur 139 · II · texte numérisé non relu

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54 KAPoii^oir mi l'curope.

combrée de couvents et de moines , courbée sous le fanatisme des prêtres et la barbarie de Tinqtiisition, ignorante dans le siècle des lumières, et pauvre avec un sol fertile , l'Espagne , di&je , avait besoin d'une réforme»

Cependantrinterventiond'unepuissanceétrangère n'eût été bien reçue que si elle eût eu pour but unique le rétablissement de la paix et l'af* franchissement du peuple. Mais disposer du trône, c'était agir pour soi, c'était usurper.

Il semble que Napoléon ait été poussé par les événements encore plus que par son ambition , à se mettre à la place de tous les membres de la famille des Bourbons. La victoire le mena par la main sur le trôfae de France. Les intrigues de lardne Caroline, son aveugle conûance dans la politique anglaise, l'inconsidération du cabinet napolitain , le forcèrent de s'emparer du royaume des Deux-Siciles, et les querelles de la famjUe espagnole lui ouvrirent les portes de la Pénin*sule.

La grande révolution a commencé en France , êous les Bourbons ; l'Europe voulut les soutenir, l'Europe fut vaincue , et la famille Napoléon les remplaça. Jusque là tout avait souri à Tempe* reur, et dès lors tout se réunit pour l'accabler. La £ùrti2iie changea; ce que n'avaient pu les

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hommes, les éléments le firent; la plus belle < armée du monde succomba , et la trahison en- ; chaîna les derniers efforts de la France. Les Bourbons reprirent leur place, l'Europe se crut en paix. Les fautes de la restauration ramenèrent Napoléon , et l'Europe recourut aux armes.

Sur un rocher, au milieu des mers. Napoléon n'était plus un obstacle à la paix, il n'était plus de ce monde; cependant l'Espagne fit sa révolution, Naples fit sa révolution, et les Français tentèrent plusieurs fois de recommencer la leur. "Xes rois coalisés durent rester en armes : ils maintinrent la France par l'aspect de leurs forces ; Naples et l'Espagne cédèrent à des efforts étrangers. Ainsi, pendant trente ans, l'Europe fut en alarmes pour des révolutions nées en France, en Espagne et à Naples. »

Quels que soient lés motifs qui déterminèrent l'empereur à s'emparer de l'Espagne, cette invasion fut impolitique et anti-populaire. Jusque là il n'avait fait que se défendre. S'il avait agrandi l'empire, s'il avait réduit les puissances vaincues et créé des états secondaires, c'était par suite d'une guerre qu'il n'avait pas cherchée. Mais lorsqu'il voulut conquérir l'Espagne, tous les torts furent de son côté, et l'opinion publi* que l'accuaa hautement. Si le peuple ^ trompé^,

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crut qu'il était Texcitateur des guerres du Nord , il les vit néanmoins éclater sans murmures ; la vérité, quoique cachée, agissait encore sur les esprits. Ici la cause de la guerre n'était point enveloppée dans le labyrinthe diplomatique, elle était à nu. L'Espagne était alliée de la France ^ elle avait même épousé ses querelles, ses soldats marchaient dans nos rangs, l'empereur n'avait à lui reprocher que l'équipée de Godoï, qui ne demandait pas une correction violente '.

^ Napoléon a-t-ii conçu l'idée d'envahir l'Espagne , ou bien a-t-il cëde à des inspirations étrangères ? Jusqu'ici il a porté tout le fardeau , tâchons de rétablir la yérité.

Au rooment de la guerre de Prusse , quelques personnages avaient déjà fait entrevoir à Napoléon la nécessité où il se trouverait de se mêler des affaires de la Péninsule. On lui en parla plus sérieusement encore lorsqu'il fui en Pologne. Les dispositions du prince de la Paix et les querelles de la famille royale semblaient autoriser ces insinuations. Napoléon sq borna à rassembler des troupes au-delà de la Loire , pour repousser toute attaque.

Après la paix de Tilsit , le prince de ******** mit sous les yeux de l'empereur la situation de l'Espagne, et lui proposa de s'en emparer. Il disait que les circonstances étaient si favorables y que trente mille hommes de bonnes troupes suiEraient pour opérer cette révolntion.

U représenta ensuite à l'empereur qu'il ne serait jamais tranquille tant qu'il y aurait un Bourbon sur le trône » et que TEspagne , cédant à des considérations de famille, et âlapo*

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